lundi, 15 septembre 2008

LA crise financière

lehman.jpgLe « n’ayez pas peur » papal ne s’applique pas au monde de la finance qui vit un véritable déluge. Plus d’un an après la crise des subprimes le pire reste à venir. Personne n'a voulu reprendre Lehman Brothers malgré les risques immenses que sa faillite fait désormais peser sur Wall Street. Sa situation illustre d’ailleurs formidablement la théorie des jeux : soit les potentiels sauveteurs privés se mettaient d'accord pour la reprendre et éviter a posteriori leur propre faillite, soit chacun refusait de donner son aide et repartait dans son coin en attendant que la tempête passe en croisant les doigts. Malgré l'intervention des pouvoirs publics pour faire aboutir la première option, la moins pire, c'est la deuxième qui a malheureusement primé.

 

Et faute de reprise par le privé, l'Etat se devait de ne pas reprendre Lehman Brothers. En effet, ses interventions passées n’ont fait que favoriser le retour du risque moral, c’est-à-dire une situation dans laquelle une personne prend un risque tandis que quelqu’un d’autre en supporte le coût quand les choses tournent mal. Aujourd’hui, une multitude d'investisseurs a pris des risques excessifs sur les marchés financiers et, les choses ayant mal tourné, c’était jusqu’a présent le gouvernement américain – et donc le contribuable - qui était venu à leur rescousse les renflouer. C'est le principe du face je gagne, pile vous perdez, autrement dit d'un capitalisme financier où les profits sont privatisés et les pertes socialisées. Il fallait donc impérativement que les autorités  américaines cessent de garantir la prise de risque trop élevée et fixent enfin la juste limite du risque moral. Lehman Brothers a pris trop de risques, elle seule doit en payer les conséquences. De toutes facons l’Etat est pris au piège. Ou bien il aide tous les nécessiteux en dépensant sans compter l’argent public - cautionnant ainsi le risque moral et donc garantissant des crises similaires dans le futur - et faisant payer les contribuables. Ou bien il laisse le marché se purger tout seul sans intervenir, au risque de voir tout le secteur bancaire s'écrouler. Face à un tel dilemme, le Trésor américain et la FED ont choisi de jouer coup-ci coup-ca, sauvant Bear Stearns mais laissant tomber Lehman Brothers.

 

domino.jpgMais quand bien même l’Etat a bien fait de ne pas sauver Lehman Brothers, sa chute va faire très mal. Car les banques sont financièrement très interdépendantes, elles se prêtent et s'échangent des titres quotidiennement et sont mutuellement engagées sur le long terme. Quand l’une d’entre elles ne peut plus tenir ses engagements tout le secteur est touché. Et c’est le gros problème actuel des contreparties des transactions de marché dans lesquelles Lehman Brothers est engagée vis-à-vis de la plupart des grandes institutions financières. Le pire est donc peut-être à venir. Merill Lynch est déjà allée rapidement s'abriter derrière Bank of America. Washington Mutual, la plus grande caisse d'épargne américaine, ne va probablement pas survivre. L'assureur AIG est allé frapper à la porte de la FED pour mendier de la liquidité. Et la contagion pourrait bien toucher l’Europe dont le système bancaire dépend beaucoup de Wall Street. A titre d’exemple, la banque franco-belge Dexia est exposée à hauteur de 2,2 milliards d’euros à un risque de défaillance de Lehman, et AXA détient 10% du capital de la banque américaine. Selon Nouriel Roubini, JP Morgan et Goldman Sachs pourraient même venir s’ajouter à la liste des faillites! A moins que, seul échappatoire possible, elles se mettent à faire équipe. Désormais la devise à Wall Street est : fusionnez ou mourrez!

Cette crise permet en tout cas de révéler beaucoup de choses. Comme l’a montré John Kenneth Galbraith, elle a fait voler en éclat le paradigme du « nouveau consensus monetaire » défendu par Ben Bernanke et qui prône la prévention des crises par les seuls taux d’intérêt. Cela ne suffit pas et explique la résurgence des théories de John Maynard Keynes et surtout d'Hyman Minsky sur le rôle des banques et l’absolue necessité d’encadrer l’euphorie déstabilisatrice qui s’empare des marchés financiers en période de stabilité économique. Il faut surtout arrêter de faire une différence de traitement entre les banques et ce que Paul Krugman appelle le « système bancaire de l’ombre », les agents financiers - hedge fonds, details brokers, fonds de private equity - qui imitent les banques mais n’en subissent pas la même régulation. Cette crise a également montré que le libéralisme est un masque que ses plus grands défenseurs font tomber à la première occasion. L’Angleterre s’est ainsi empressée de nationaliser Northern Rock, les Etats-Unis ont activement financé la reprise de Bear Stearns par JP Morgan et ont dernièrement - au travers de Freddie Mac et Fannie Mae - effectué la plus grande nationalisation de l’Histoire. Arrêtons donc de croire, ou faire semblant de croire, en l’efficience des marchés et osons enfin parler de leur régulation. Cette crise nous en fournit enfin l’occasion, saisissons-la.

mercredi, 10 septembre 2008

Le salaire du patron

 

Le salaire des (grands) patrons fait toujours couler beaucoup d’encre et de salive. Il y en a beaucoup qui méritent ce qu’il touchent, mais il y en a - peu - qui partent avec des comptes personnels remplis  malgré des bilans catastrophiques. C’est pourtant cette minorité qui pose problème, et - à force d’acharnement médiatique sur ces cas extrêmes - on a réussi à faire croire que les grands patrons sont tous des voleurs. Cela n’a fait que noircir l’image déjà bien entamée du capitalisme et des grands groupes dans un pays qui voue une méfiance extraordinaire envers tout ce qui est riche. Au début du 20ème siècle, le banquier JP Morgan écrivait que le salaire d’unJPMorgan.jpg patron ne devait pas être supérieur à 20 fois celui de ses salariés. Question de morale. Aujourd’hui certains patrons gagnent en un mois ce que certains de leurs salariés gagnent en une vie. Cette différence, quoique rare, est suffisamment grande pour créer de fortes tensions sociales et détruire le reste de réputation dont dispose le capitalisme. En 2003, la rémunération moyenne totale des PDG du CAC 40 représentait un montant égal à 400 fois le SMIC français.

 

Les Pays-Bas s’apprêtent à faire une innovation majeure dans ce domaine : ils sont le premier pays à faire passer une loi limitant les salaires des patrons. Le Parlement doit l’approuver et l’idée fait tellement l’unanimité que le seul enjeu du scrutin est de savoir si il y aura ou non des fous qui vont voter contre. Le texte, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2009, prévoit le déclenchement d’un prélèvement fiscal dès le dépassement d’un certain seuil de primes pour un PDG ou un directeur de société. Ainsi, si un salaire annuel d'au moins 500 000 euros touche des primes, alors elles subiront un impôt de 30%. Afin d’éviter une pratique malheureusement courante qui consiste à augmenter le salaire du dirigeant quelques mois avant son départ pour qu’il touche une plus grosse retraite, une sanction financière suffisamment dissuasive s'appliquera. Est egalement prévu le gel de la détention d'action, lorsque ont lieu des négociations de rachat de l'entreprise, pour éviter de jouer les cours à la hausse sur des rumeurs divulguées par des insiders.

 

money money.jpgLa théorie de l'agence justifie une rémunération élevée du dirigeant pour réduire au maximum le risque de défaillance de ce dernier. Pourtant les études montrent qu'il n'y a pas vraiment de correlation positive entre le salaire du dirigeant et la performance de l'entreprise. L’intervention de l’Etat est justifiée puisque les montants sont de plus en plus élevés et éloignés de l'idéal méritocratique. Il est réjouissant de voir qu’un pays a enfin eu le courage d’enfoncer cette porte trop souvent évitée. De même qu’il fixe un salaire minimum, l’Etat devrait, non pas fixer un salaire maximal – il serait automatiquement ou injuste ou inefficace -, mais décourager fiscalement des revenus mirobolants par le déclenchement d’un impôt progressif. Tout est question de mesure et il reste à trouver un seuil à la fois suffisamment bas pour éviter les abus et assez élevé pour ne pas brider le mérite. Il ne faut pas oublier que les patrons portent une lourde responsabilité et subissent des horaires qui ne sont pas encadrés par la loi. Fixer un seuil de déclenchement et appliquer un taux d’imposition progressif sur les primes est un bon début, mais on pourrait aller plus loin : l’appliquer aussi, selon le même principe mais plus souplement car il y a déjà l'impôt sur le revenu, sur les salaires et les primes de départ.

 

Il s'agit d'une sorte d'impôt correcteur à déclencher et qui fera figure de double imposition: impot sur le revenu et ce nouvel impot prélevé à la source. Ou le salaire restera en dessous du seuil par effet de disuasion ou il le depassera et l'Etat y gagnera. Cela ne découragera pas les managers de venir travailler chez nous car il y en a assez pour accepter des salaires qui demeureront assez élevé même si davantage imposables. Ce texte est un petite révolution, une réconciliation sociale, un ajustement économique juste et équilibré. C’est une décision politique facilement réalisable, populaire, juste et qui rapporte de l’argent. Reste à le réaliser en France, tout en respectant le principe encore plus juste du bouclier fiscal qui veut que personne ne paye plus de 50% des ses revenus en impôts. C'est la moindre des choses de travailler plus pour soi que pour l'Etat.

 

MSB

mardi, 26 août 2008

Du lent déclin de l'Amérique

 

Les grandes puissances finissent toujours par mourir. Dans un ouvrage paru en 1991, The Rise and Fall of the Great Powers, Paul Kennedy présente la théorie de l’Imperial Overstretch qui veut que toutes les grandes puissances aillent au bout de leur forces jusqu'à s’épuiser. L’Amérique ne déroge pas à cette règle. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et surtout la chute du mur de Berlin, elle est incontestablement l’unique « hyperpuissance » mondiale. Pourtant, depuis le début de ce siècle les signes symptomatiques d’un déclin sont de plus en plus visibles. Il y a bien sûr la stratégie militaire unilatérale qui est allée s’empêtrer dans des conflits aussi lointains que sanglants desquels les américains ne peuvent se sortir sans l’aide des alliés de circonstance, remettant en cause la supériorité de leur puissance militaire. Mais c’est surtout son économie qui flanche, concurrencée par des nouvelles puissances comme la Chine - poussant le défi jusqu’au compteur des médailles olympiques -, l’Inde, le Brésil, et la Russie. Ces puissances émergentes vont refaçonner la carte géopolitique et économique remplacant l’actuelle hégémonie de la puissance américaine par un monde multipolaire équilibré entre grandes puissances. Ce processus s’accélère, car depuis peu certains de ces nouveaux conquérants sont au chevet de l’Amérique, subvenant massivement à ses besoins financiers et commerciaux, la rendant dépendante et à leur merci. Devoir la survie de votre hyperpuissance à vos concurrents les plus ambitieux n’est pas source de réjouissance surtout lorsque ceux-ci sont prêts à tout pour vous la ravir. Explications.

 

bpc2-25.gifDepuis 1991, la balance courante américaine - le solde des échanges internationaux de biens et services, revenus et transferts courants - est dans le rouge. Mais, depuis 2001, ce solde négatif qui était autrefois creusé par un boom d’investissement privé, est largement creusé par des déficits publics à répétition pour financer les baisses d’impôts, la guerre en Irak et dernièrement les plans de soutien à l’économie (cliquer sur image ci-dessus). L’Amérique conjugue donc deux médailles d’or : celle du plus gros emprunteur mondial avec un déficit de la balance courante proche des 700 milliards de dollars, et celle du plus gros débiteur mondial avec 2,5 trillions de dollars de dettes éparpillées dans le monde. Or la règle veut que les empires soient des prêteurs et non des emprunteurs, des créanciers et non des débiteurs. Et il est significatif de noter que l’empire britannique n’y a pas dérogé et que son déclin a précisément eu lieu quand cette règle s’est inversée après la deuxième guerre mondiale, lorsque les déficits ont fait perdre à la livre sa domination internationale au profit du dollar. Les contradicteurs diront que les années 80 furent déjà marquées par l’apparition spectaculaire des déficits jumeaux sans que l’Amérique ne tremble pour autant puisqu’elle s’en est même remise. Certes, mais à l’époque les déficits américains étaient financés par ses alliés européens.

 

Les choses ont changé, et là est tout le problème. Aujourd’hui, plus de 60% des bons du Trésor américain sont détenus par des étrangers et le déficit de la balance courante américaine témoigne d’un financement de plus en plus risqué avec moins d’IDE sous forme d’equity, mais plus d’endettement, financé par des acteurs très politiques que sont les banques centrales et les fonds souverains. Ces fameux fonds souverains possèdent une formidable force de frappe – totalisant des actifs de 3700 milliards de dollars – accueillis les bras ouverts lors des crises de liquidité mais encombrants pour le futur. Profitant de la crise financière, ils ont répondu aux appels à l’aide des banques américaines en perdition mais - fait problématique - ils sont majoritairement guidés par les concurrents stratégiques directs de l’Amérique (voir image ci-dessous, dsl pour les non-germanophones), ceux-là même qui font ses déficits commerciaux comme la Chine ou les états du Golfe. Du jamais vu ! Concrètement, cela signifie que%7B73C14681-A3D9-4E6A-A007-5BEFB0E6CEEA%7DPicture.jpg ce sont les fournisseurs qui financent les acheteurs, faisant de facto peser une véritable épée de Damoclès sur l’Amérique. Car il suffirait qu’ils n’achètent plus, ou même moins, de bons du Trésor ou d’actions américaines et le dollar s’effondrerait entraînant une hausse vertigineuse des taux d’intérêt qui saignerait l’économie américaine.

 

Même si cela est fortement improbable pour l’heure - ces pays tirant leur croissance de la faiblesse du dollar - il est extrêmement risqué de compter sur la gentillesse de ses rivaux économiques pour financer sa croissance sur le long terme surtout quand celle-ci est fortement touchée par la crise actuelle qui ne montre pas de signes de repis sur le court terme. Le jour où les réserves de change et les excédents commerciaux des rivaux investiront ailleurs qu’en Amérique, ou s’y retireront, alors ce jour-là elle aura du souci à se faire. La crise actuelle ne fait que renforcer leur emprise sur l’économie américaine par des investissements stratégiques et massifs. La Russie a par exemple fortement profité de la crise financière pour accroître son emprise économique sur l’Amérique en achetant des millions d’obligations de Fannie Mae et Freddie Mac, investissement qui lui a déjà rapporté plus d'un milliard de dollars depuis six mois. Un exemple parmi tant d’autres. Si les russes voulaient se montrer aussi offensifs sur le plan financier que dernièrement sur le plan militaire, alors le rapatriement des milliards d’actifs américains qu’ils détiennent pourrait avoir des conséquences grave sur le dollar et sur l’économie américaine, certains parlent déjà de « terrorisme financier » pour désigner la menace d’un retrait soudain et massifs de capitaux détenus par des entités souveraines.

 

digest20052_ferguson.jpgAvec la concurrence des monnaies européennes et asiatiques, la fin du dollar est proche tout comme l’indépendance financière américaine, mise à mal par les fonds souverains et autres investissements stratégiques étrangers. Par une formidable répétition de l’Histoire, le temps américain des « déficits sans pleurs » décrié par Jacques Rueff touche à sa fin, car le crépuscule de l’hyperpuissance américaine est désormais entre les mains des nouvelles puissances qui l'on rendu dépendante à force de perfusions financières vitales. Pour combien de temps encore? L’économiste Nouriel Roubini, l’homme qui avait prédit à la lettre la crise des subprimes et ses conséquences macroéconomiques devant l’université de New York en 2006 (!), estime que d’ici « quelques décennies » l’Amérique aura perdu sa place hégémonique. Les banques centrales, les fonds souverains et les investisseurs institutionnels se seront alors détournés vers des économies plus attrayantes, aux monnaies plus fortes et aux perspectives de croissance plus solides. Si la formidable capacité à rebondir de l’Amérique – qui en fait typiquement une économie plus schumpeterienne que smithienne – restera intacte, elle ne pourra néanmoins plus compter sur le « privilège exorbitant » de sa monnaie tant vilipendé par de Gaulle. Désormais toute la question est de savoir ce que va devenir un monde dénué d’un facteur unique de démocratisation, de libre-échange, de sécurité et de libéralisme qu’était l’Amérique, au profit d’un monde multipolaire sans domination stable.

 

MSB

vendredi, 01 août 2008

Le malheureux échec de l'OMC

L'échec des négociations du cycle de Doha n’a curieusement suscité que l’indifférence générale. Beaucoup se sont même réjouit que la « libéralisation à outrance » promue par l’OMC subisse un échec. Ainsi, ATTAC « se félicite qu’un très mauvais accord ait été évité » et voit la preuve que « l’OMC ne sert plus à rien ». En vérité cet échec en est un pour tous et s’en réjouir relève plutôt du masochisme. Si tout a capoté sur l’ouverture du marché industriel des pays en voie de développement et le démantèlement des subventions agricoles des pays développés c’est parce que les marchandages étaient plus politiques qu'économiques. Paul Krugman a même parlé de « mercantilisme éclairé », critiquant ainsi l’absence de réels calculs économiques des gains de l’échange.

ricardo.jpgL’histoire économique nous dit que les pays ayant choisi la libéralisation des échanges ont toujours mieux réussi que ceux ayant emprunté la voix du protectionnisme. Elle prouve que le commerce international n’est pas un jeu à somme nulle s’apparentant à une guerre avec ses vainqueurs et vaincus. David Ricardo l’avait déjà démontré en 1817 dans Des principes de l’économie politique et de l’impôt avec la théorie - une des plus contre-intuitives mais des moins critiquées de la science économique - des avantages comparatifs. Elle démontre que le commerce entre les nations pousse à la division du travail, au même titre que pour les individus. On est boulanger ou cordonnier, pas les deux à la fois, et même si l’on est le meilleur dans les deux on gagnera toujours en choisissant le métier ou on excelle relativement aux autres. Le boulanger achètera moins cher ses chaussures que s’il les avait fabriqué lui-même et réciproquement pour le cordonnier avec le pain. Cela vaut aussi pour les pays et les secteurs : en se spécialisant dans un secteur et en laissant les autres secteurs aux autres pays tout le monde y gagne. En échangeant, j’arrête de produire ce dans quoi je suis relativement moins bon et l’importe à la place à un prix meilleur marché, en retour je me concentre sur les produits où je suis meilleur que les autres et je les exporte. L’échange fait office de progrès technique, il rend obsolète les techniques dépassées et promeut des techniques plus efficaces. Il permet aussi au consommateur d’accéder à une courbe d’indifférence plus élevée grâce à une offre de biens élargie et à des prix moins élevés. Cela explique d’ailleurs les chutes drastiques des prix de l’habillement et de la technologie sur les dix dernières années. Comme le rappelle Paul Krugman: « l’objectif du commerce international n’est pas d’exporter mais d’importer. C’est-à-dire que ce gagne un pays à commercer, c’est la possibilité d’importer ce dont il a besoin. Les exportations ne sont pas un but en soi : il faut exporter parce que ceux qui fournissent nos importations ont le mauvais gout d’exiger d’etre payer ».
plantu.jpg
Aider l’Afrique ce n’est pas uniquement verser aveuglement des aides au développement. Pour éviter qu’elle tombe dans le piège du protectionnisme et du mirage de l’autosuffisance alimentaire, l’ouverture au commerce international est une magnifique échelle pour lui permettre d'atteindre la prospérité. Plutôt que de lutter chèrement pour subvenir à leurs propres besoins alimentaires, les pays en voie de développement peuvent avoir accès à ce qu’il n’ont pas et peuvent simultanément faire valoir le fruit de leur avantages comparatifs à conditions que certains obstacles ne viennent troubler le jeu. Les subventions agricoles en font partie, véritables privilèges de pays riches qui peuvent, au détriment des pays pauvres, se permettre de financer massivement leurs agriculteurs en leur garantissant au moins le prix du marché quelque soit le coût de production. Ceux qui estiment que l’Afrique s’en sort bien avec cet échec devrait réfléchir à deux fois quand le ministre du commerce kenyan Uhuru Kenyatta a affirmé que l'échec des négociations « menaçait gravement » les efforts des pays africains pour lutter contre la pauvreté. Mais les subventions agricoles sont aussi une question intra européenne car il faut se demander s'il est justifié que 40% du budget de l’UE soit attribué à 0,74% de sa population, les agriculteurs. Face à ces chiffres l’argument récurrent de l’aménagement du territoire et de la préservation du milieu rural tient difficilement la route.

Paradoxalement, couper les subventions fera monter les prix des produits agricoles, mais dans la mesure où les acheteurs sont principalement les pays riches cela permettra un transfert de richesse. Ainsi, une étude menée par Thomas Hertel, Roman Keeney, Maros Ivanic et Alan Winters a simulé une disparition soudaine et complète des toutes les barrières douanières agricoles dans 15 pays totalisant un milliard de personnes. Le résultat est sans appel : le libre-échange agricole total rendrait 13 pays plus riches et 2 plus pauvres. Bien sûr, il ne faut pas non plus tomber dans la béatitude libérale, car le libre-échange présente aussi certaines limites: l’accélération des mutations sectorielles, les rendements décroissants, la mobilité des facteurs de production, la création et destruction concentrées d’emplois, le péril des industries naissantes etc. Néanmoins il suffit de comparer la Corée du Sud, pays encore pauvre il y a 50 ans et maintenant parmis les nations libres-échangistes industrialisées grâce à une insertion réussie dans le commerce international, et jeter un coup d’œil vers son voisin du nord pour constater les vertus du libre-échange sur le protectionnisme. L’Europe, avec son modèle social très protecteur, ne devrait pas avoir peur du libre-échange d’autant plus qu’elle est la région du monde qui en a le plus profité.

Vouloir voir disparaître l’OMC et se réjouir de ses échecs c’est se moquer d’un vecteur de prospérité unique qu’est la libéralisation des échanges décidée communément. Certes l’expansion du commerce international continue malgré l’échec durable du cycle de Doha. Certes beaucoup de pays en voie de développement ont déjà accès - de manière inégale et restreinte - aux marchés des pays riches. Certes le statut quo n’est pas dramatique pour nous, pays développés. Mais il l’est pour les pays pauvres. Pour nous, la hausse du prix des aliments basiques n’est qu’une baisse hypermediatisée - et pas toujours vraie - du pouvoir d’achat. Pour eux, elle se traduit en émeutes de la faim. Cet argument devrait suffir. Ce n’est pas parce que nous allons moins ressentir cet échec qu’il faut l’oublier ou le louer. Malheureusement, les critiques continuent de fuser envers l’OMC et les appels aux relents protectionnistes se font de plus en plus forts. Egoisme cinglant des pays riches bernés par la hantise idéologique de la libéralisation.

MSB

mardi, 22 juillet 2008

SOSialisme

congres.jpgLa réforme des institutions a été votée ce 21 juillet grâce à un texte qui, historiquement épargné par les critiques expertes, constitue une avancée institutionnelle incontestable en accordant plus de droits au Parlement et en limitant les pouvoirs du Président. Au passage, il prévoit entre autres de faire élire douze députés par les français de l'étranger qui n'étaient jusque là pas représentés à l’Assemblée Nationale, ce qui constituait une formidable injustice alors que ce sont des français à part entière. Pour la petite histoire, cette idée n’est pas partagé par tous, Dominique Strauss-Kahn avait ainsi déclaré pendant la campagne en février 2007 : « Nous souhaitons mettre en place un impôt citoyen pour ceux qui se disent français mais finalement n’ont plus de français que le nom parce qu’ils quittent le pays ». A tous ceux qui louent DSK, salut !

Dès la fin du congrès, le PS est pitoyablement retombé dans ses vieilles batailles. La renovation ? Les idées nouvelles ? Les propositions concrètes ? Rien, nichts, nada. Retour aux bonnes vieilles recettes : critiques vides et chasse aux sorcières. L'exemple de Manuel Valls témoigne bien du désarroi et de l’incohérence dans lesquels  sont plongés les députés PS. Alors que ce dernier a écrit, dans Le Monde du 22 mai dernier avec seize autres députés socialistes, une tribune intitulée « Donnons une chance à la réforme » déclarant ouvertement vouloir voter pour la réforme des institutions, il se met à voter non le jour du congrès. Pire, il publie deux jours après le vote, le 23 juillet 2008, avec trois autres députés et toujours dans Le Monde, une nouvelle tribune intitulée « Occasion manquée pour le parti socialiste » dans laquelle il critique violemment l’attitude du PS envers la droite lors de ce congrès, allant jusqu’à dénoncer « un
anti-Sarkozysme pavlovien ». Manuel Valls ou comment pousser la contradiction à son paroxysme. Quelle immense lâcheté de sa part que de dire je vote oui, voter non, et critiquer le non a posteriori ! Mais surtout, quelles pressions ont-ils, lui et ses camarades réfractaires, dû subir pour être amené à voter contre leurs convictions pourtant ouvertement affichées la veille et inchangées le lendemain! L’unité du PS que Jean-Marc Ayrault s'est empressé de faire remarquer a été acquise non par conviction générale partagée mais par la menace dès lors que les intentions de vote s’éloignaient de la ligne fixée par le parti. Manuel Valls peut en témoigner.

Pauvre parti socialiste qui oublie que la Constitution c’est la République et non un histoire de camp politique. Monsieur Valls devrait savoir qu‘il vaut mieux trahir son parti que ses idées, car la conscience se contente difficilement de l’inverse. Mais dans le fonds son attitude est à moitié compréhensible quand on voit le sort réservé à Jack Lang qui, lui, a courageusement voté en accord avec ces idées. D’ailleurs, comment aurait-il pu faire autrement, lui qui a directement participé a l'écriture de ce texte? Il a estimé voter conformément à sa conscience et à la vision mitterandienne des institutions et le voilà lynché, lâché, limogé. Voilà que les ténors du PS demandent son départ, condamnent sévèrement sa « trahison » (Royal), ou font part de leur « honte » (Dray). Voilà qu’un texte commun de « blogueurs socialistes » diffusé par lang.jpgMarc Vasseur décrète qu’« à compter du 21 juillet 2008 et suite à l’adoption d’une révision constitutionnelle menant à une impasse démocratique par la seule voix de Jack Lang, nous, militants socialistes, blogueurs estimons que ce dernier ne peut plus se prévaloir de l’étiquette socialiste. »

Le socialisme serait donc désormais devenu une étiquette que l’on pourrait retirer à tout instant et qui dépendrait d’un simple vote sur une réforme constitutionnelle. Misérable gauche française, perdue dans ses contradictions, violente dans ses critiques, incapable de formuler un projet idéologique viable, et sectaire jusqu'à la moelle au point de violemment rejeter un de ses plus anciens camarades pour avoir simplement voté en faveur d’une révision constitutionnelle qu'elle n'a pas proposé.

MSB

vendredi, 11 juillet 2008

Le tracé du mur

Le conflit israélo-palestinien a trop duré et est trop complexe pour pointer un seul coupable. Depuis soixante ans et des milliers de morts, les torts sont partagés et il ne faut pas céder à la facilité du jugement rapide en adoptant une approche manichéenne. Aujourd’hui, il y a pourtant, au milieu de la carte du Proche-Orient, une grosse tâche. Ou plutôt un gros mur sinueux, haut et épais. Israel a commencé sa construction durant l'été 2002, afin de se protéger des attentats terroristes qui frappaient sans relâches ses habitants. Le principe du mur peut être défendable puisqu’il répond à un impératif de sécurité visant à mieux contrôler les entrées sur le territoire israélien. Les américains font bien la même chose sur la frontière avec le Mexique. Oui mais voilà, et c’est là toute la différence, les Etats-Unis n’en ont pas profité pour rattacher Ciudad Juarez ou Mexicali à leur territoire.

 

L’ONU vient tout juste de publier un rapport sur la « barrière » et dont les conclusions sont révoltantes. Le tracé du mur totalise Mur israelien.jpg723 kilomètres de long, soit bizarrement deux fois la longueur de la frontière de 1949 séparant Israel des territoires palestiniens. Le mur est plus long car il ne suit pas la frontière, 87% de son tracé entre directement en Cisjordanie. Pour mesurer l’ampleur du drame, il faut regarder la carte fournie par l’ONU (cliquer sur image ci-contre). Le rapport affirme qu'à cause de ce mur 9,8% de la Cisjordanie et 285 000 palestiniens se retrouvent de facto rattachés au coté israélien. Ils peuvent certes franchir le mur en passant par des barrages, mais l’accès est « extrêmement limité » par les longs contrôles et l’obtention très difficile de laisser-passer. De plus, l’ouverture des barrages dépend uniquement de la volonté israélienne, leur fermeture peut être à tout moment effective pour une durée indeterminée. Selon l’ONU, le tracé rentre parfois à plus de 18 kilomètres à l’intérieur des terres palestiniennes pour intégrer des colonies, ajoutant que ce sont près de 420 000 colons israéliens en Cisjordanie qui vont être ainsi physiquement rattaché à Israel.

 

Ce tracé est scandaleux car ce qui était autrefois présenté comme un impératif de sécurité est aujourd’hui aussi et surtout devenu un prétexte pour prendre en catimini des terres aux palestiniens. En septembre 2003, l’Assemblée générale de l’ONU a d'ailleurs fait voter une résolution demandant à Israel d'arrêter la construction du mur. En juillet 2004, la Cour de Justice Internationale (CJI) a délibéré, estimant que « Israel a le droit, et même le devoir, de prendre des mesures pour protéger la vie des ses habitants, mais elles doivent être prises en conformité avec le droit international en application », dès lors, constatant une multitude d’infractions aux accords de Genève de 1949, elle appela Israel à « cesser immediatemment la construction du mur (...) et demanteler toutes les parties situées en Cisjordanie » demandant aussi « de versermur mur.jpg des dommages à la population palestinienne ». Malheureusement les avis de la CJI ne sont pas légalement contraignants et Israel s’est bien gardé de l’écouter. Pourtant, même la Cour Suprême israélienne a exigé à trois reprises, entre 2005 et 2007, le déplacement de certaines tranches du mur car il « nuit de manière disproportionnée aux Palestiniens ». En vain.

 

Ce mur a certes permis une chute drastique du nombre d’attentats commis sur le sol israélien, mais à quel prix pour les palestiniens ? Des Rafat.jpgvillages, des écoles, des familles entières se retrouvent divisées. A Jayyus, les paysans sont séparés de leurs oliviers et de leurs sources d'irrigation. Rafat se retrouvera bientôt encerclée (cliquer sur image ci-contre). Sans parler de Jerusalem. Ce mur ne fera qu'empirer une situation économique déjà très critique dans les territoires. Il représente un obstacle lourd et grave à la paix et la surdité obstinée ne grandit pas Israel. Les populations coupées de la Cisjordanie migrent pour éviter une situation invivable délaissant leurs terres aux colons israéliens déjà trop nombreux en Cisjordanie, où ils ne devraient pas être. Pourtant, ce mur représente trop d’investissements et trop d’avantages pour qu’Israel le démantèle rapidement, malgré les demandes internationales et nationales pour mettre fin à cette injustice criante. L’Etat Hébreux érige doucement mais sûrement un mur au tracé honteux et cela en sa défaveur car si sur le court terme il lui donne l'illusion d'oeuvrer pour sa sécurité, à long terme il sape tout fondement pour une paix durable en humiliant et divisant de la sorte le peuple palestinien.

 

MSB

mardi, 01 juillet 2008

Europe 2.0

Les trois derniers nons européens - l’irlandais, le français et le hollandais - sont en partie imputables à l’excès de caricature et la confusion des arguments qui ont induit beaucoup d’électeurs en erreur. Dans les trois pays, certains partis et leaders d’opinions ont présenté ce traité comme un cheval de troie irrévocable de toutes les menaces extérieures. Ceux qui réclament à tout prix une ratification par référendum devrait d’ailleurs y réfléchir à deux fois car faire le choix du référendum pour un traité aussi long c’est tenter le diable du détournement de vote qui fait beaucoup de mal à la démocratie. D’où le choix intelligent - et non moins démocratique - de tous les autres pays européens de passer par les parlementaires, plus compétent dans ce cas précis que le simple citoyen pour juger d’un traité aussi complexe. A la racine des non français et hollandais il y avait aussi la peur - infondée - d’une Europe trop « libérale » et l’occasion en or pour les citoyens mécontents de sanctionner leur gouvernements au détriment de l’Europe.

 

no lisbon.jpgLe non irlandais se démarque de ses deux homologues, car il n’est pas une sanction des dirigeants - le premier ministre irlandais est nouveau - ni une barrière au « libéralisme », car les électeurs savent que sans l’Europe et le fameux libéralisme ils ne seraient pas le tigre irlandais tant glorifié. C’est un non à la poursuite de l’Europe, un non de la crainte d’une nouvelle Europe alors que règne là-bas le contentement de l’acquis, en témoigne un slogan récurrent durant toute la campagne : « Europe did us well, let’s keep it that way ! ». Les irlandais n’ont en vérité rien à reprocher à l’Europe, au contraire ils en sont tellement satisfaits qu’ils veulent la laisser telle quelle. Voilà la véritable signification du non.

 

Le vote irlandais et le sur-place politique européen révèlent-t-ils dès lors les limites politiques de l’Europe ? Oui, répond clairement The Economist qui titre tout simplement « Bury it » conformément à la conception anglo-saxonne d’une Europe purement mercantile. Il est vrai que l’esprit européen est bien mal en point, chahuté par des élections européennes boudées par des électeurs désillusionnés, des dirigeants et médias nationaux tapant sur l’Europe tel un punching ball, et ce terme désormais insultant de « technocrate de Bruxelles ». Pas étonnant que ses citoyens se méfient de plus en plus d’une Europe qu’ils ne lisent plus que dans des termes lapidaires, elle paraît si lointaine qu’elle cristallise facilement toutes sortes de peurs dans l’imaginaire de l'électeur. Le grand malheur est que ce traité est paradoxalement rejeté à cause des critiques de manque de visibilité adressée à l’Europe alors qu’il est justement la clé pour y remédier et la rendre plus efficace.

 

drapeau europe.jpgQue faire à présent pour éviter une Europe politique minimale ? Certes, on pourrait faire revoter les irlandais, comme ils l’ont déjà fait pour Maastricht alors que le taux de participation était trop faible. Cette fois-ci il était de 54%, ce qui n’est pas mirobolant mais tout de même respectable pour un scrutin européen. Néanmoins un deuxième référendum irlandais serait trop dommageable pour l’Europe dans le sens où cela reviendrait à demander aux irlandais de revoter en sachant que la seule réponse valable est le oui. Et si le non l’emportait à nouveau ? Tout cela serait catastrophique pour l’image déjà bien entamée d’une Europe à l’écoute de ses peuples. L'option de la renégociation est aussi à éviter car il n’y a plus rien à négocier à part le retrait pur et simple du texte.

 

En fait, le vrai problème est celui de l’unanimité. Un pays sur vingt-sept qui n’est pas d’accord et tout est remis en cause. Osons proposer l’instauration du scrutin majoritaire - qualifié si necessaire - pour ratifier ce traité et ceux qui suivront. Si une certaine majorité de pays se prononce en faveur, alors le traité entre en vigueur pour tous. Cela va certes à l’encontre des traditions et des cadres juridiques qui veulent que chaque pays ratifie un à un les traités internationaux, mais les lois et les traditions sont là pour être changées surtout quand l’Europe politique est à ce point bloquée.

 

Suivant la même logique, pourquoi ne pas organiser, tel que le propose Bronislaw Geremek dans une tribune du Monde du 27 juin 2008, un référendum européen où tous les citoyens européens répondraient à la même question le même jour ? Quoi de mieux pour rétablir un lien direct et clair entre les européens et l’Europe ? Même si sa réalisation suppose que chaque pays change sa législation, quoi de mieux qu’un référendum à l'échelle européenne pour éviter que les intérêts nationaux prennent en otage l’Europe ? Quoi de mieux pour recréer un sentiment unitaire européen que donner à tous la même voix le même jour pour répondre à la même question ? Le souffle nouveau dont a terriblement besoin l’Europe passe par un nécessaire chamboulement complet des habitudes électorales, seul moyen de ramener les électeurs vers les urnes européennes, car si ils boudent l’Europe c’est parce qu’elle leur tourne trop le dos. « Give people a real challenge and they will come out and vote » disait Tony Blair. Faisons le choix courageux du défi et laissons l’Europe directement consulter ses citoyens, ils lui répondront massivement par eux-mêmes surpris de ce dialogue direct qu’il réclament tant.

 

MSB

mardi, 24 juin 2008

Le prix du petrole et la spéculation selon Krugman

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Voici une magnifique analyse du (très) grand Paul Krugman sur le prix actuel du pétrole. Une clarification indispensable alors que la hausse du baril de pétrole alimente les imaginations les plus folles quant à ses causes. On ne peut être plus clair, c'est un régal:

"OK, one more try. First of all, I don’t have a political dog in this fight. I’m happy to believe that crazy speculation distorts markets. And I do think it’s likely that oil prices will come down, for a while, once consumers have a chance to respond more fully to high prices by changing their driving habits, switching to smaller cars, etc..

But the mysticism over how speculation is supposed to drive prices drives me crazy, professionally. So here’s my latest attempt to talk it through. Imagine that Joe Shmoe and Harriet Who, neither of whom has any direct involvement in the production of oil, make a bet: Joe says oil is going to $150, Harriet says it won’t. What direct effect does this have on the spot price of oil — the actual price people pay to have a barrel of black gunk delivered? The answer, surely, is none. Who cares what bets people not involved in buying or selling the stuff make? And if there are 10 million Joe Shmoes, it still doesn’t make any difference.

Well, a futures contract is a bet about the future price. It has no, zero, nada direct effect on the spot price. And that’s true no matter how many Joe Shmoes there are, that is, no matter how big the positions are. Any effect on the spot market has to be indirect: someone who actually has oil to sell decides to sell a futures contract to Joe Shmoe, and holds oil off the market so he can honor that contract when it comes due; this is worth doing if the futures price is sufficiently above the current price to more than make up for the storage and interest costs.

As I’ve tried to point out, there just isn’t any evidence from the inventory data that this is happening. And here’s one more fact: by and large, futures prices over the period of the big price runup have been slightly below spot prices. The figure below shows monthly data from the EIA; as the spot price shot up, the futures price (that’s contract 4, the furthest out) actually lagged a bit behind. In other words, there hasn’t been any incentive to hoard."

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mardi, 03 juin 2008

La vérité sur les émeutes de la faim

 

Mauvaises récoltes, biocarburants, spéculation, explosion démographique. On a tout entendu sur la hausse du prix des produits alimentaires de base comme le blé, les céréales et le riz. Le sujet est suffisamment grave - Dominique Strauss-Kahn a prévenu que « des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim » - pour ne pas céder à la caricature et à la simplicité des arguments intuitifs mais faux. Si le prix de ces trois aliments basiques de l’alimentation à fortement augmenté depuis un an c’est tout d’abord parce que leur demande explose alors que l’offre ne suit pas. La spéculation joue certes son rôle, mais elle n’est qu’un effet minimal plutôt qu’une cause, agissant sur un marché 1580050748.jpgdéjà soumis à de fortes tensions. Si la demande explose, ce n’est pas non plus à mettre sur le dos des biocarburants comme tant d’experts s’amusent à le répéter à longueur de journée. Certes il est scandaleux qu’au nom d’une course à l’écologie on oublie les priorités qui sont de nourrir la planète avant d’essayer de la sauver, mais on estime que les biocarburants sont seulement responsables de 10 à 20% de la hausse totale du prix des céréales. Pas de quoi en faire le suspect numéro un du bond des prix.

D'où vient alors cette hausse de demande qui fait tant monter les prix ? La cause réelle est à rechercher dans les pays en voie de développement et/ou les nouveaux pays industrialisés (NPI). Les populations de ces pays - tels la Chine, l’Inde, le Vietnam et de nombreux pays africains - sont doucement mais sûrement en train de sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Cela se traduit par un pouvoir d’achat qui s’élève progressivement et qui fait changer la physionomie du premier poste budgétaire des foyer pauvres qu'est l’alimentation. Prenons l’exemple de la Chine, l’émergence d’une classe moyenne qui est estimée aujourd’hui à deux fois la population de la France  provoque un chamboulement de consommation alimentaire. Alors qu’en moyenne un Chinois consommait 131 kg de blé par an en 1990, il n’en consomme plus que 76 kg par an en 2006. Cela devrait avoir pour effet de réduire la pression sur la demande et sur les prix puisque les quantités consommées se réduisent. Que neni ! En fait si le Chinois moyen consomme aujourd’hui moins de blé ce n'est pas parce qu'il mange moins, c’est parce qu’il mange autrement, ce qu'il ne consomme plus en blé il le compense par d'autres aliments . Ainsi, il a, sur la même période, multiplié par trois sa consommation de poulet et par quatre sa consommation de lait.

Et c'est là que tout le problème s’explique : l’élevage est très consommateur de ces produits que sont le riz, le blé et les céréales. On estime par exemple que pour fabriquer un kilo de viande, il faut 8 kilos de blé et cela est tout aussi valable pour le lait. En mangeant plus de viande le chinois consomme donc indirectement huit fois plus de blé qu'auparavant. La boucle est donc bouclée : dans un état de pauvreté, blé, céréales et riz sont les trois composants principaux des repas, en sortant de la pauvreté la consommation de ces aliments de base est directement réduite avec la hausse du pouvoir d’achat qui rend d’autres aliments plus nutritifs abordables. Cependant, et là est toute la réponse, en consommant plus de viande et de produits laitiers, la consommation des trois aliments de base est indirectement bien plus élevée qu’auparavant ! 

Un partie des populations des pays en voie de développement mange mieux et plus varié ce qui a pour effet indirect de consommer beaucoup plus de produits de base. Cela est valable pour beaucoup de pays similaires qui connaissent une très forte croissance, la richesse de ces populations augmentant, leurs habitudes alimentaires changent et se rapprochent des nôtres. En clair, les pays en voie de développement sont réellement en train de se développer et leur population mangent de plus en plus comme nous. Voilà la véritable cause de la hausse des produits alimentaires de base.

La question qui se pose désormais est celle de la hausse de la production pour suivre la demande et pour permettre à ceux qui sont encore dans la pauvreté de ne pas subir de plein fouet par les prix le développement d'une partie du monde. Comment dès lors faire face à de tels changements alimentaires dans le tiers monde ? Comment donner à ces pays les clés pour répondre eux-mêmes à801078864.2.jpg leurs nouveaux besoins alimentaires ? De telles questions mènent à un autre débat qu’il faudra commencer à aborder un jour ouvertement en oubliant les préjugés et les hantises imaginaires mais en prenant conscience que des milliers de vie peuvent être sauvées. Ce débat porte sur trois initiales: OGM.

MSB

dimanche, 27 janvier 2008

Lettre ouverte aux fumeurs qui refusent la loi

Alors que le décret du 15 novembre 2006, instaurant une interdiction de fumer dans les lieux publics, est entré enac0efa88db059e0f15085dab23fc7488.jpg vigueur en ce début d’année 2008, de plus en plus de fumeurs s’érigent contre cette loi. Injuste à leurs yeux, elle limiterait leur plaisir, irait contre la liberté individuelle, et serait la preuve cinglante d'un autoritarisme d'état sur les individus. Rien que ça. Face à toutes ces accusations, il faut une prise de recul radicale. De quoi parle-t-on au juste? De la cigarette. Ni plus ni moins qu’un ramassis de poisons qui totalise - selon le Comité International de Recherche sur le Cancer - près de 4000 substances toxiques dont plus de 60 cancérigènes, c’est-à-dire potentiellement mortelles. Laissez d’ailleurs une cigarette sur le bord d’un cendrier et elle se consommera toute seule, preuve irréfutable de l’absurdité d’un produit au combien toxique et riche en goudron. On oublie trop souvent qu’une cigarette c’est du poison et rien que du poison. Il n’y a, dans sa composition, strictement rien de sain ou de positif pour celui qui l’inhale. La cigarette c’est tout simplement le poison au goût de la mort. On ne peut interdire de fumer car cela relève du choix individuel. Cependant, la liberté de fumer ne peut être totale. 

En fait les fumeurs ne peuvent être totalement libres de leur activité et cette loi est là pour leur rappeler la responsabilité qu’il portent. Quand quelqu’un fume, il ne le fait pas uniquement pour lui, mais il fait fumer les autres avec lui. La nuance est de taille. Cela porte le nom de tabagisme passif. Et le tabagisme passif ça tue. Une cigarette fumée c’est un courant principal inhalé par le fumeur et un courant secondaire tout aussi toxique qui est rejeté dans les poumons du non-fumeur situé à proximité. Là est tout le problème, fumer n’est pas un « plaisir solitaire » car il atteint ceux qui sont autour du fumeur et qui en font lourdement les frais. Etonnamment, cela ne suffit pas à certains pour les convaincre.

A tous ceux qui évoquent l’argument débile consistant à se poser en martyr disant « boire aussi ça tue pourtant on interdit pas de boire en public » la réponse est très simple. Certes l’alcool tue, mais il y a deux objections de taille. Premièrement l’alcool ce n’est pas du poison pur car s’il est bu avec modération il n’est pas, contrairement à la cigarette, entièrement nocif et présente même certains bienfaits thérapeutiques. Deuxièmement, un alcoolique qui se tue en enchaînant les verres ne fera aucun mal à ceux qui sont assis à coté de lui. L’alcool n’a pas d’influence directe sur la santé des autres qui ne boivent pas. Il n’y a pas d’alcoolisme passif. Ce contraste n’est pas moindre et éclaire bien la différence entre alcool et tabac. Pour les bd5c4c64107c11147d1d346e0d216a72.jpgautres qui argumentent en disant que « de toutes façons tu peux mourir en sortant dans la rue et en te faisant écraser par une voiture » il faut tout simplement mettre une limite à la stupidité. Oui c’est vrai on peut mourir en étant écrasé, mais premièrement le conducteur ira probablement en prison et deuxièmement un tel accident ne peut pas être évité à l’avance. Le tabagisme passif lui peut l’être. Si, grâce à sa raison, l’homme peut réduire les risques de mort par tabagisme passif simplement en sortant fumer dehors alors l’effort est loin d’être superflu. Quant à l’argument conservateur consistant à ériger la cigarette en élément « culturel » majeur qui met de l’ambiance dans les conversations des bars enfumés, il est tout aussi débile car la santé passe naturellement avant la culture. L’opium aussi était un élément culturel dans le passé, bizarrement il ne l’est plus aujourd’hui. Cela prouve qu’il n’y a rien de scandaleux à faire trépasser la « culture » que représenterait la cigarette pour laisser place à la santé. Entre la vie et la culture le choix est vite fait. 

Il est bien connu que la liberté des uns s'arrête là ou commence celle des autres. Il est indéniable que la liberté des non-fumeurs est violée par la fumée des fumeurs. Cette loi n’est donc pas une limite de la liberté des fumeurs, c’est au contraire une garantie de liberté pour les non-fumeurs qui doivent impérativement être protégés. Elle rééquilibre et inverse le rapport de la société avec la cigarette: ce sont désormais les fumeurs qui sortent et non l’inverse. Voila qui est plus juste. La cigarette tue les fumeurs et c’est leur problème - ce ne sont pas les mises en garde à leur égard qui manquent - mais ces derniers n’ont pas le droit de faire partager leur flirt avec la mort avec ceux qui préfèrent la santé. Ce flirt, ils iront désormais l’approfondir librement dehors. Rarement une loi n’avait été aussi nécessaire et juste. Son intérêt est indiscutable.

MSB

dimanche, 23 décembre 2007

Financer les religions?

ac818b92960ca39ee95d618b5ac9b232.jpgLa religion et l’Etat. Un couple d’amour-haine qui a finalement divorcé en 1905. Ce fut le 9 décembre 1905 lorsqu’un certain Aristide Briand réussit à faire passer une loi qui mit fin à près d’un quart de siècle de bataille entre les deux France, la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque. Cette loi toujours en vigueur édifie clairement le concept de laïcité si chère depuis à notre République. L’article 1er stipule que « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. » et l’article 2 venant ajouter « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence (...) seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.». Si la séparation claire et nette entre les affaires politiques et les affaires religieuses reste aujourd’hui incontestée - et on ne peut que s’en rejouir - par son efficacité et sa légitimité absolue dans une idéologie politique rationnelle désormais libérée du mystique et des croyances, l’article 2 peut être néanmoins critiqué voire repensé. Osons-le et voyons pourquoi.

Démocratie et religion ont toujours partagé des liens extrêmement forts qui dépassent la simple dimension historique. La religion contribue à la pérennité de la démocratie. En effet, comme le soulignait déjà Alexis de Tocqueville dans De la Démocratie en Amérique, dans une société égalitaire qui veut se gouverner elle-même il y a la nécessité d’une discipline morale inscrite dans la conscience de chaque individu la composant. Il faut selon lui que les citoyens se soumettent au fond d’eux-mêmes à une discipline morale et cela passe nécessairement par la foi religieuse. Dixit Tocqueville, au sein d’une société démocratique, la religion appliquée par chaque individu libre de son culte est un vecteur d'éthique d’action et de paix civile. D’ailleurs il en conclut que : « Il est des gens en France qui voient dans la République un état permanent et tranquille, un but nécessaire vers lequel a18bb19f5f13c3f8c3bc38f9986cb491.jpgles idées et les moeurs entrainent chaque jour les sociétés modernes, et qui voudraient sincèrement aider les hommes à être libres. Quand ils attaquent les croyances religieuses, ils suivent leurs passions et non leurs intérêts. C’est le despotisme qui peut se passer de la foi, mais non la liberté. La religion est beaucoup plus nécessaire dans la République qu’ils préconisent que dans la monarchie qu’ils attaquent, et dans les républiques démocratiques que dans toutes les autres.».

Il va de soi qu’il ne faut en aucune façon remettre en cause l’article 1er, mais en revanche si la religion est aussi positivement liée à la structure et au fonctionnement de la démocratie, il est tout à fait légitime de se reposer la question du financement des cultes et de leurs acteurs en France. En assumant sans lourdeur que la religion - quelle qu’elle soit - est bénéfique à l’équilibre démocratique il faut par conséquent encourager cet apport si précieux et aller plus loin. Nicolas Sarkozy dans La République, les religions, l’esperance écrit d’ailleurs: « Admettons sans hypocrisie qu’il y a une contradiction entre la volonté de reconnaître les religions comme un facteur positif dans la société et celle de les extraire des influences étrangères tout en leur interdisant toute forme de financement public et en prétendant les traiter à égalité.». Il y a en effet dans ce sens beaucoup à faire en ce qui concerne par exemple la formation des ministres du 51802393f876e61c3d045b88233ff99b.jpgculte - prêtres, imams, rabbins, pasteurs etc. - qui sont  en interaction permanente avec leur croyants. Aujourd’hui leur salaire est par exemple estimé être à un niveau inférieur au SMIC ce qui est injuste. Mais plus qu’un impératif de rémunération, c’est la direction future que l’on veut donner à notre société qui est en question. Car former les ministres du culte au travers d’une aide de l’Etat c’est aussi barrer la route aux influences radicales comme celles des extrémistes religieux qui cherchent par tous les moyens à imposer leur vision. Leur lecture des écrits est souvent contraire à la pratique et à l’esprit de la République. Il faut tout faire pour éviter une dérive et un endoctrinement dangereux - notamment des plus jeunes - et contraire à la République mais aussi aux principes fondamentaux même des religions en questions.

Pourquoi donc ne pas tenter d’éviter ces influences nocives en prenant le soin de former les ministres du culte dans le respect des principes de notre République et bien sûr de leurs religions. Il y a véritablement du travail dans ce domaine. Sans remettre en cause l’idée et le fondement de la loi de 1905, on peut se demander si un financement des cultes ne serait pas avantageux pour tout le monde, la société démocratique et les religions. Le financement des cultes serait un moyen d’avouer et d’assumer le caractère structurant des religions pour la société démocratique et plus important, cela serait le chemin le plus sûr pour faire face à la radicalisation religieuse - phénomène malheureusement de plus en plus d’actualité dans toutes les religions - qui pourrait à terme poser davantage de problèmes au sein de la société et au péril de l’idéal démocratique. Sans remettre la laïcité en questions, osons poser la question.

MSB

mercredi, 21 novembre 2007

A réflechir...

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Citation de Charles de Gaulle retrouvée dans La France et son armée écrit en 1938:

"Le désir du privilège et le goût de l'égalité, passions dominantes et contradictoires des Français de toutes époques."

Une citation qui garde toute sa vérité aujourd'hui en temps de conflits sociaux chaotiques condamnés par une large majorité de français. Une phrase qui résume tout le malaise de la France lorsqu'on touche à des reliques dont tout le monde sait qu'elles sont injustes et trop coûteuses.

mardi, 30 octobre 2007

A la retraite les grèves !

a7f62244668c901a5d9a97988ecbb923.jpgLes grèves font leur réapparition en France. Vu les circonstances actuelles on ne peut paradoxalement que s’en réjouir. En effet, les appels à la grève actuels sont moins un signe inquiétant d’un climat social qui se détériorerait que la preuve que le gouvernement fait bouger les choses. Face à la nécessité du changement reconnue par tous, mieux vaut un pays réformateur qui subisse la menace des grèves qu’un pays peureux qui craint les réformes et ne change rien. Si on retrouve les grèves c’est parce que certaines bases auxquelles on n’a pas osé toucher depuis longtemps sont remises en question. Il était temps et forcément ça ne plaît pas à tout le monde.

Revenons d’abord sur le principe de la grève. Reconnu depuis 1864 comme un droit fondamental en France, le but premier d’une grève est de dénoncer une mesure jugée inacceptable. Plus que la simple dénonciation, la grève se réserve un coté beaucoup plus contraignant dans la mesure où l’arrêt de travail fait perdre du temps et de l’argent à l’ensemble de l’organisation concernée, obligeant ainsi les dirigeants à trouver rapidement une solution. Véritable ventilateur du dialogue social, elle est donc beaucoup plus efficace que n’importe quel autre moyen de dénonciation. Finalement la grève c’est embêter tout le monde pour dénoncer et tenter d’éliminer une injustice. Jusque là tout va bien. Quant la condamnation de l’injustice est fondée la grève a lieu d’être et il est légitime que les grévistes la dénoncent. Mais le problème se pose de manière très sérieuse quand l’injustice en question n’en est pas une. Pire, quand l’objet de la grève - la soit-disant injustice - se révèle être en fait un avantage exorbitant auquel les grévistes sont trop attachés pour s’en séparer, la grève est tout sauf compréhensible et elle dépasse son bien-fondé pour devenir véritable prise d’otage.

Oui les régimes spéciaux de retraites sont bien des avantages exorbitants. Mais avant d’en parler il convient de signaler89c404f476b8440548b85ed5ac812bb3.jpg que tous les régimes de retraite sont confrontés aux mêmes problèmes : les évolutions démographiques font qu’il y a aujourd’hui plus de retraités que de cotisants et que si rien ne change les retraites ne seront plus assurées, il faut donc faire quelque chose nous n'avons plus le choix. Trois solutions se présentent: baisser le montant des retraites, augmenter les cotisations, ou augmenter la durée des cotisations. Pas question de rabaisser le montant des retraites cela va de soit. Quant à faire augmenter les cotisations, cela plomberait trop les salaires. Il faut donc augmenter la durée de la cotisation. C’est tout logiquement cette dernière qui a été retenue en France et partout en Europe. Les progrès de la médecine faisant reculer l'espérance de vie et donc l'âge de départ a la retraite, ils rendent plus facile cet allongement. C’est ainsi que en 1992, Edouard Balladur - anticipant le problème - a augmenté la durée de cotisation des salariés du privé de 37 à 40 ans. Francois Fillon en a fait de même - non sans mal - pour le public en 2002. c711b9ddd0a9a0819c27ecce5f4e0459.jpgAujourd’hui, même si ces grandes réformes indispensables ont fait beaucoup de bien au financement des retraites, il semble qu’elles ne suffisent pas puisque la commission de garantie des retraites - créée par François Fillon pour surveiller l’état de leur comptes – vient de préconiser un passage pour tous à 41 années de cotisations pour assurer les retraites de tout le monde. On voit bien a quel point la situation est délicate et la nécessité de faire des efforts en plus de ceux déjà faits.

Cependant les régimes spéciaux résistent encore et toujours à la réforme et aux efforts. Le régime spécial des parlementaires est enfin en train d’être mis sur le même pied que les autres. C'était la moindre des choses. Mais il en reste certains comme les régimes spéciaux de EDF-GDF, la SNCF, la RATP et la Comédie Française. Pourtant le problème est encore plus inquiétant pour eux puisque non seulement ils sont encore à 37 ans de cotisation mais qu’il n’y a en plus que 500 000 cotisants pour 1 300 000 retraités actuellement. Double problème, qui nécessiterait une solution rapide et plus que radicale pour combler le gros manque de financement de ces  retraites. Mais comme rien n’a été changé depuis leur création - pas même la prime au charbon alors que les trains au charbon c’est fini - c’est donc l’état et indirectement nous qui finançons ces régimes spéciaux. Au final non seulement nous payons leurs retraites mais en plus nous subissons leurs grèves lorsqu’on leur demande de faire comme nous, c’est-à-dire de faire des efforts pour qu’ils puissent assurer leurs retraites tout seuls comme le reste des français.

d1fb97f8dd21a19d2187d135edf3300b.jpgLeur grève est donc complètement injustifiée. Ce privilège qu’ils ont date d’il y a 60 ans, il faut qu’ils s’adaptent à la situation démographique actuelle. Ils devraient vraiment être heureux de les avoir gardé aussi longtemps, et il est normal qu’aujourd’hui - au nom de la gravité de la situation du financement, de la solidarité nationale et surtout de l’égalité des citoyens - on leur demande de faire des efforts comme tout le monde. Leur grève est totalement injustifiée et ils ont le culot - eux qui font le moins d’efforts - de prendre en otage ceux qui en font le plus depuis bien plus longtemps...

MSB

jeudi, 12 juillet 2007

Heureusement

Voila plus d’un mois que Nicolas Sarkozy est président. L'occasion non pas de tirer un bilan, le laps de temps trop court ne le permet pas, mais d'analyser le style Sarkozy.

5d3523c1dec962f442d35b144b1539f7.jpgLes catastrophes que beaucoup de monde annonçait ne se sont pas produites. Les banlieues ne se sont pas enflammées. La révolution n'a pas eut lieu. Tout ceux qui, pour faire un coup médiatique, avaient clamé haut et fort qu'ils quitteraient la France si il passait se sont lâchement abstenu de convertir leurs paroles en actes. Le gouvernement formé après la victoire sans précédents aux législatives - première majorité reconduite - est sans exemples dans le passé: avec des personnalités venant d'autre bords politiques, Sarkozy a réussi non seulement à produire une équipe politiquement hétérogène mais aussi et surtout une équipe qui reflète mieux la diversité de la société française. La où personne n'avait osé le faire auparavant, préférant mettre les copains d'abord, Nicolas Sarkozy a courageusement suivi son credo - "la fidelité c'est pour les sentiments, l'efficacité pour le gouvernement"- et a renoué avec le devoir de replacer l'intérêt de la France avant l'intérêt partisan, même si le prix à payer est de faire des déçus dans son propre camp. Un exemple de courage pour les générations suivantes. La où certains le disaient sectaire, il a pratiqué l'ouverture et a audacieusement intégré, avec Kouchner, Lang, Hirsch ou Besson, certains de ses détracteurs d’autrefois dans ses équipes de travail.

Depuis le début de son mandat le président n'a pas chômé. D’ailleurs l’unique critique du PS aujourd’hui qui consiste à dire qu'il est "omniprésent et omniscient" ressemble plutôt à un compliment. Multipliant les déplacements, n'hésitant pas à aller à Bruxelles en personne défen