jeudi, 12 juillet 2007

Heureusement

Voila plus d’un mois que Nicolas Sarkozy est président. L'occasion non pas de tirer un bilan, le laps de temps trop court ne le permet pas, mais d'analyser le style Sarkozy.

5d3523c1dec962f442d35b144b1539f7.jpgLes catastrophes que beaucoup de monde annonçait ne se sont pas produites. Les banlieues ne se sont pas enflammées. La révolution n'a pas eut lieu. Tout ceux qui, pour faire un coup médiatique, avaient clamé haut et fort qu'ils quitteraient la France si il passait se sont lâchement abstenu de convertir leurs paroles en actes. Le gouvernement formé après la victoire sans précédents aux législatives - première majorité reconduite - est sans exemples dans le passé: avec des personnalités venant d'autre bords politiques, Sarkozy a réussi non seulement à produire une équipe politiquement hétérogène mais aussi et surtout une équipe qui reflète mieux la diversité de la société française. La où personne n'avait osé le faire auparavant, préférant mettre les copains d'abord, Nicolas Sarkozy a courageusement suivi son credo - "la fidelité c'est pour les sentiments, l'efficacité pour le gouvernement"- et a renoué avec le devoir de replacer l'intérêt de la France avant l'intérêt partisan, même si le prix à payer est de faire des déçus dans son propre camp. Un exemple de courage pour les générations suivantes. La où certains le disaient sectaire, il a pratiqué l'ouverture et a audacieusement intégré, avec Kouchner, Lang, Hirsch ou Besson, certains de ses détracteurs d’autrefois dans ses équipes de travail.

Depuis le début de son mandat le président n'a pas chômé. D’ailleurs l’unique critique du PS aujourd’hui qui consiste à dire qu'il est "omniprésent et omniscient" ressemble plutôt à un compliment. Multipliant les déplacements, n'hésitant pas à aller à Bruxelles en personne défendre ses projets, lançant déjà des dossiers de reformes aussi important que le service minimum ou l'autonomie des universités tout en consultant les partenaires sociaux. Au niveau européen il a réussi en un mois a faire adopter par les autres pays son projet de traité simplifié. Sur ce sujet, il en a fait plus en un mois que Jacques Chirac en cinq ans! Il a réussi à montrer à ses détracteurs qu'ils avaient totalement tort. Non il n'est pas raciste. Non il ne veux pas le pouvoir simplement pour l'avoir, si tel était le cas il resterait terré a l’Elysée profitant des lieux. Non il n'est pas dangereux pour la France. Non sa personnalité n’est pas anxiogène. Non il n'est pas contre les syndicats, ils furent les premiers à être reçus avant même son investiture. Ces mêmes détracteurs avouent d’ailleurs aujourd’hui avoir menti aux français en disant qu’ils ne croyaient pas aux idées qu’ils défendaient corps et âmes quelques mois auparavant comme le smic a 1500 euros ou les 35 heures. Ces mêmes idées dont la droite montrait constamment leur in-faisabilité et qui se faisait traiter d’antisociale par le fait de les critiquer. Après de tels aveux et maintenant que le vide idéologique et les divisons du PS sont mises a nu, on ne peut que se dire heureusement que la gauche n’est pas passée...

61b995b4945d62d722ac6d9b5ff54e5b.jpgAlors bien sûr certains diront que c'est l'Etat de grâce et que tous les nouveaux présidents élus en ont bénéficié avant de replonger dans l'impopularité. Mais avec Sarkozy c'est différent. Il a réussi à rompre avec les habitudes du passé, à imposer son style bien à lui, il a complètement innové politiquement et il s’est mis au travail dès le début. Du jamais vu. Après toutes les attaques violentes subies pendant la campagne, Sarkozy n’est pas revanchard. Tout cela n’est pas une surprise pour ceux qui l’ont soutenu depuis le début et qui voyaient bien que les critiques à son égard n'étaient pas fondées mais plutôt le résultat de l’impossibilité de l’attaquer sur ses idées trop fortes, trop solides, trop bonnes. Heureusement que la gauche n’est pas passée, heureusement que les idées ont gagné, heureusement pour la France que notre président s’appelle Nicolas Sarkozy et non Segolène Royal. 

Le plus dur commence, mais les fondations que Sarkozy a posé sont très prometteuses pour la France. L’avenir redevient un espoir.

MSB

mardi, 05 juin 2007

L'héritage Chirac

Après douze années passées à la tête de la France , Jacques Chirac a quitté le palais de l'Élysée. Rares sont les médias qui ont déjà essayé de porter un jugement sur son bilan. C’est sûrement parce que son départ est encore trop chaud. Mais afin d'éviter la bêtise de juger son bilan trop à froid, lorsque le temps nous aura fait oublier bien des choses, voilà ce que l’on peut aujourd’hui retenir de lui. 

9a5df4e8acedc6364ee5417778a71426.jpgJacques Chirac est un homme qui aime la bataille pour le pouvoir, il excelle dans ce domaine. Mais, tel un Dom Juan de la politique, une fois que le défi - la conquête du pouvoir - est gagné, la pratique de ce dernier se révèle beaucoup moins passionnante. Tout commencait pourtant bien: arrivé à la présidence en 1995 alors qu’il était donné mort et enterré politiquement par tous les médias, il s’est rapidement mis au travail avec les réformes des retraites du pri et le gel des fonctionnaires, entreprises par son premier ministre Alain Juppé. Suivirent les immenses grèves de l’hiver 1995-1996, puis la capitulation du gouvernement, la bêtise de la dissolution de l’assemblée et enfin le départ de Juppé. Hanté par cette  rebellion massive de la rue et handicapé par un gouvernement qui n’est plus de son bord, Jacques Chirac va désormais s’efforcer de tout faire pour ne pas contrarier le peuple français. Dorénavant, les décisions sont donc prises dans le but premier de ne se mettre personne à dos, au détriment de l'intérêt général de la France . Et à force d'avancer doucement sans brusquer personne pour rendre tout le monde heureux, on raye une à une de l'agenda les réformes qui sont pourtant cruellement indispensables. D’ailleurs, en 2002, son maigre bilan lui assure le plus petit score jamais enregistré par un président sortant au premier tour d'une présidentielle. Se réélection il la doit plutôt à Jean-Marie Le Pen. Cette fois-ci, même avec un gouvernement de droite, la politique affichée - et dont l’efficacité est discutable - de faire “une grande réforme par an” se transforme rapidement en “une petite réforme par an” lorsqu’elle ne termine pas en capitulation devant le moindre signal de mécontentement de la rue (réforme du bac, cpe, etc.).

d642a4df24c4631ae8d01b37f3e6c9a7.jpgAu final, sur les dernières années, il a véritablement fini par fausser sa propre appartenance politique et par la même le clivage politique français. Quelques uns le voyaient à droite, d’autres à gauche, certains au centre. En absence de décisions claires et concrètes ainsi que d’un cap fixe revendiqué, la présidence s’est lâchement endormie. Et c’est bien l'état de somnolence de son ancien leader qui explique en partie le réveil de la droite et la rupture qui s’appuye sur l’exemple de cette mollesse présidentielle chiraquienne pour promettre du mouvement et du changement courageux. Bien sur, il y a aussi indéniablement dans le bilan de Jacques Chirac des points positifs et il ne faut surtout pas les oublier. Le non à la guerre en Irak. La professionnalisation de l’armée. La qualification de la France pour la monnaie unique. La reconnaissance de la responsabilité de l’Etat dans la déportation des juifs. Ses efforts pour l’Afrique. Tout cela n’est pas rien. Mais en 12 ans de pouvoir ca reste très maigre.

fc15d090f88707f53a3935980da88e35.jpgJacques Chirac, à force de pratiquer la politique de la conciliation à tout va, n’a pas fait bouger grand chose alors que la France perdait continuellement du terrain. Néanmoins, l’Histoire, le gardera sûrement en mémoire comme un grand président qui a oeuvré pour la paix dans le monde et d’une certaine façon pour l’écologie, quand à Johannesburg il est le premier à tirer la sonnette d'alarme: rappelez-vous du désormais célèbre “notre maison brûle et nous regardons ailleurs”. Sur le plan interne le bilan est plus sombre, et si Nicolas Sarkozy a été élu avec un programme aux milles réformes c’est bien parce que elles n’ont malheureusement pas été réalisées avant. Pour finir avec un brin d’ironie et beaucoup d'exageration, on peut dire qu’à l’inverse de Tony Blair qui a tout bien fait sauf l’Irak, Jacques Chirac a tout mal fait sauf l’Irak.

MSB

vendredi, 25 mai 2007

Nicolas et le courage

Il faut rendre à Cesar ce qui appartient à Cesar. Les idées de Le Pen n'appartiennent qu'à Le Pen, et tenter par tous les moyens de tirer un parallèle entre les idées xénophobes et nauséabondes de Jean Marie et celles innovatrices de 50e999f4ba26fd8712fdb4ba6cfb9e6f.jpgNicolas fait beaucoup de mal au débat démocratique. La caricature des idées, en politique, c'est l'arme des faibles. Elle végète stérilement là où le débat de fond est inexistant. On peut parfaitement ne pas être d'accord avec les idées de Nicolas, mais de là à aller afficher dans les rues des photos de lui portant le titre "voter Le Pen", il y a une limite qui s'appelle la tolérance. Si Nicolas Sarkozy a été tellement attaqué c'est d'abord parce que les idées qu'il a mis en avant sont innovatrices, notamment sur l'immigration. Dans la société française, la nouveauté fait peur et agite les passions, et l'immigration est depuis des décennies un de ses sujets les plus tabou. Si vous mélanger les deux, le résultat donne un problématique cocktail explosif, qu'il faut pourtant régler, et que seul Nicolas Sarkozy a eut le courage de prendre en main, après des années de surplace idéologique en la matière.

Toute la pseudo-polémique tient en deux mots. L'immigration choisie. C'est pourtant exactement ce que font tous nos voisins européens, sont-ils pour autant xénophobes? Non. Ce que Le Pen propose, l'immigration zéro et la France aux français, est indiscutablement xénophobe. Ce que la gauche propose, la politique d'immigration des portes grandes ouvertes, peut donner bonne conscience, mais de manière illusoire seulement, car elle est clairement irresponsable. Ce que Nicolas propose a le mérite d'être le juste milieu entre ces deux conceptions radicalement opposées. Accepter les immigrants qui veulent apprendre le français et qui ont des vraies perspectives de travail dans leur secteur professionnel en France n'a rien de choquant. Si on ajoute à cela sa proposition b034693ec96cbdc6a4e854089eac1af7.jpgde repenser et de compléter l'immigration choisie par un ambitieux projet de co-développement pour combattre la source du problème - la misère - alors le résultat est intelligent et réaliste. Ce que la gauche, plus précisément Michel Rocard, avait dit: "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part", Nicolas l'a fait.

Soyons lucides, la plupart des électeurs de Le Pen le sont plus par désespoir politique que par conviction. Ils ne sont pas tous des racistes convaincus. Redonner de l'espoir a de tels électeurs est le rôle de tout responsable politique. Dire que Nicolas est allé "chasser sur les terres de Jean-Marie" est une aberration. Il est allé parler à ces électeurs désespérés en leur proposant des idées beaucoup moins radicales et moins extrémistes que Le Pen, qui les ont au final séduit par leur nouveauté, leur redonnant l'espoir, peut être confirmé dans le futur, qu'elles marcheront. Ce que Nicolas leur a dit c'est : même si je sais que vous ne croyez plus aux promesses parce que depuis des décennies elles ne sont pas tenues ou ne marchent pas, vous n'avez pas besoin d'aller illusoirement voter Le Pen pour croire faire changer les choses, moi je viens vous proposer quelque-chose qui a le mérite d'être nouveau, qui peut vraiment marcher, et qui est tres loin d'être aussi radical que les idées de Le Pen. L'innovation idéologique républicaine a réussit à répondre au desespoir citoyen et à effacer chez certains decus de la politique l'attrait pour la bêtise et le danger des idées extrêmistes.

Le courage politique a heureusement fait taire la caricature contre-productive, mais jusqu'à quand? La droite, pendant les deux ans précédents l'élection présidentielle, a réalisé cette remise en question idéologique indispensable à toute formation politique à la veille d'élections, pour ne pas se décrocher de la réalité du monde autour de nous qui change en permanence. La gauche a cru que en s'auto-octroyant le monopole de la morale et du social, les idées importaient finalement peu. Elle a eut tort et les français le lui ont clairement montré. Re-fondation est le mot sur toutes les lèvres au PS, ce n'est pas trop tôt. Malheureusement c'était avant l'élection qu'il fallait le faire.

68131d637423fed16f4c8a76a5bd8a4b.jpgQuand les idées passées ne marchent plus, il ne faut pas avoir peur de passer à autre chose quitte à essuyer les critiques les plus virulentes puisque tel est le prix du courage. En France on l'oublie malheureusement trop souvent. Certains ont oublié que la politique c'est aussi et surtout regarder le futur dans les yeux en réfléchissant en permanence à de nouvelles idées tout en sachant les défendre. Georges Clemenceau en parlant de la conception de l'homme politique qu'il avait, disait: "Il faut d'abord savoir ce que l'on veut. Quand on le sait il faut avoir le courage de le dire. Quand on le dit il faut avoir le courage de le faire". Nicolas Sarkozy, tout nouveau Président de la République, est l'incarnation même de cette citation. Il a ouvert une nouvelle voie, celle du courage.

MSB