jeudi, 24 mai 2007
Petite redéfinition de la démocratie
Alain, dans Propos de Politique écrit: "La fausse idée de la démocratie est que le peuple gouverne, mais aussi ce n'est pas, comme on dit, une erreur de la démocratie, c'est une erreur sur la démocratie ".
Il y ajoute dans Propos de Pouvoirs: "La démocratie réserve au peuple un pouvoir de regard et de jugement, il n'en faut pas plus ", et d'en conclure "il est donc inévitable que le citoyen libre soit presque toujours un mécontent ". En prenant ce point de vue, le mécontentement du peuple envers ses dirigeants n'a rien d'extraordinaire mais est plutôt naturel et intrinsèque au fait même d'être citoyen. En exagérant à l'extrême on pourrait même conclure qu'un citoyen heureux louant ses dirigeants est un mauvais citoyen, alors qu'un citoyen dubitatif et critique remplit pleinement sa fonction.
La démocratie ce n'est donc pas le pouvoir par le peuple à travers la designation populaire des dirigeants, mais bien plutôt le contrôle citoyen continu via les médias et/ou les mobilisations de masse. Ce n'est pas le pouvoir de désigner mais plutôt celui de faire peser sur les dirigeants un risque de destitution permanent. Redéfinition qui s'oppose à celle des manuels scolaires, mais qui finalement implique les mêmes conséquences, ce sont bel et bien les citoyens qui peuvent changer la direction de leur pays, même si ils ne gouvernent pas. La démocratie assure finalement sa sauvegarde par la force, au travers d'une épée de Damocles qui menace malicieusement chaque personne s'approchant trop dangeureusement de sa destinée.
Cette épée c'est nous, citoyens, qui la tenons.
MSB
17:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Democratie, Alain

