vendredi, 09 janvier 2009
Le dangereux double tranchant de la désobeissance civile
Il y a toujours eu des individus qui refusent de manière ostentatoire le respect de certaines lois sous prétextes qu’elles sont injustes ou immorales à leurs yeux. Ce phénomène - dénommé désobéissance civile – devient aujourd’hui une véritable mode décomplexée favorisée par la (re)conquête moderne de la politique par la société civile. Les présidentielles de 2007 ont même vu un candidat la prôner ouvertement et la pratiquer régulièrement. José Bové n’est qu’un exemple parmi tant d’autres comme les blocages répétés de convois nucléaires, les refus de soldats américains d’aller servir en Irak et préférant l’exil canadien, les fauchages hypermédiatisés d’OGM, les démontages de panneau publicitaires, les dégonflages de 4x4 de ville, les hébergements de sans-papiers etc.
Dans la théorie tout cela n’est pas nouveau: en 1846, Henry David Thoreau innova en invoquant la désobeissance civile pour justifier son refus de payer ses impôts à une administration américaine engagée dans une guerre mexicaine qu’il reprouvait. Trois ans plus tard, il fut le premier à théoriser ce concept dans son livre Civil Disobedience. Il y écrit « J’accepte de tout coeur la dévise « Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins » et j’aimerai la voir appliquée plus rapidement et plus systématiquement. En réflechissant bien, cela revient finalement à dire que « Le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout » et quand les hommes y seront préparés ce sera le type de gouvernement qu’ils auront». L’apologie de l’anarchie n’est pas loin et Thoreau cible principalement ses attaques sur le gouvernement et ses lois, trop souvent contraires aux principes individuels de justice à ses yeux. Puisque « Il est plus désirable de cultiver le respect du bien que le respect de la loi », quand loi et morale personnelle entrent en contradiction, l’individu doit grosso modo choisir sa morale.
C’est ainsi qu’en 1955, fatiguée après une longue journée de travail, Rosa Parks refusa de donner son siège à une personne blanche dans le bus, alors même qu’une loi de l’Alabama l’y obligeait. Son arrestation déclencha un boycott de 381 jours du réseau de bus dans tout l’Alabama et offusqua tellement le nouveau pasteur de l’église baptiste de Dexter Avenue qu’il déclencha aux États-Unis le Civil Rights Movement et en pris la tête. Martin Luther King utilisa avec succès l’arme de la désobéissance civile pour faire trépasser une série de lois profondément injustes, comme en 1956 où une décision de la Cour Suprême américaine interdit toute ségrégation dans les transports publics. Outre cette victoire éclatante, la désobeissance civile compte à son actif une série de succès et non des moindres : sa contribution à la fin de l’apartheid, l’adoption du droit de vote des femmes en Angleterre, la libération de l’Europe nazie facilitée par la résistance etc. La fin justifie donc le moyen pourtant très discutable puisqu’il s’agit de violer la loi, bien que cela soit relatif car comme l’a résumé Martin Luther King : « Nous ne devons jamais oublier que tout ce qu’Adolf Hitler a fait en Allemagne était légal alors que tout ce que les résistants hongrois ont fait en Hongrie était illégal ». Les responsabilités des citoyens dépassent l’obligation de suivre la loi, elles nous imposent un questionnement constant sur l’esprit des lois. Les grecs élevaient le questionnement méthodique au rang des vertu humaines les plus nobles, et Albert Einstein répétait à qui le voulait que « le plus important c’est de ne jamais cesser de poser des questions ».
Malgré les avancées remarquables vers la liberté et l’égalité qu’elle a permis, la désobeissance civile peut très facilement devenir un poison mortel pour la démocratie. Car violer la loi ce n’est pas rien, c’est un acte radicalement différent des multiples formes de contestation que prévoient les sociétés démocratiques. Violer la loi c’est - faut-il le rappeler ? - violer l’expression de la volonté du peuple, violer les fondements même de la démocratie et le principe sacré qui veut qu’on soit tous égaux devant la loi. Notre Contrat Social nous permet de jouir de notre liberté civile et de notre propriété à condition de respecter les règles qui nous permettent de vivre ensemble. La désobeissance civile n’est ni plus ni moins que la rupture de ce Contrat Social. Certes, Rosa Parks l’a rompu pour mieux le faire appliquer par la suite et l’Histoire nous a montré que la désobéissance à la loi est envisageable quand cette dernière émane d’un pouvoir illégitime ou quand la loi est immorale. Mais chacun possède sa propre définition de la morale – surtout en France où certains aiment l’invoquer partout au risque de lui faire perdre son contenu - et cultive a son gré le rapport qu’il entretient avec le reste de la société. Chacun d’entre nous se croit dès lors assez intelligent pour extrapoler et juger une loi, car comme l’a si bien formulé René Descartes « l'intelligence, c'est la chose la mieux répartie chez les hommes parce que, quoiqu'il en soit pourvu, il a toujours l'impression d'en avoir assez, vu que c'est avec ça qu'il juge ». Et cela est particulièrement vrai en France.
Faut-il ajouter que, de par nature, une loi ne fait pas l’unanimité et peut difficilement être populaire car coercitive. Il y a souvent une différence entre notre intérêt personnel et l’intérêt général devant lequel il faut néanmoins s’incliner pour pour faire perdure le « vivre ensemble » qui est la raison d’être de la République. Il y a donc forcement conflit entre la perception individuelle et l’utilité générale de la loi. Et entre juger personnellement, à tort ou à raison, une loi immorale ou injuste et ne pas la respecter il n’y qu’un pas désormais facilité - voire provoqué - par le concept de désobeissance civile. Le problème réside dans les abus et l’utilisation dénaturée de ce concept. En effet, comment empêcher un individu lambda d’invoquer systématiquement la désobéissance civile pour se débarasser des lois qui ne lui conviennent pas ? Cette question est d’autant plus actuelle que l’individualisme et le refus progressif de l’autorité - surtout administrative - dans nos sociétés fournissent à la désobeissance civile un cadre formidablement fécond : le danger est bien réel. Socrate, dans le Criton, s’inquiétait déjà des conséquences de la désobeissance à la loi, quand bien même elle serait injuste. Suspecté à tort de pervertir la jeunesse athénienne, il s’oppose farouchement à Criton qui l’encourage vivement à s’échapper de la prison où il attend la sentence du tribunal athénien qui va le condamner à mort. Socrate met en avant l’importance de la cohérence morale, préferant mourir - même injustement - plutôt que de compromettre les principes de la cité car s’échapper reviendrait à violer les lois qui l’ont jadis protégé : « si tu repousses sans dignité l’injustice par l’injustice, le mal, par le niai, si tu violes le traité qui t’obligeait envers nous, tu mets en péril ceux que tu devais protéger, toi, tes amis, ta patrie et nous. Tu nous auras pour ennemis pendant ta vie, et quand tu descendras chez les morts , nos sœurs, les Lois des enfers, ne
t’y feront pas un accueil trop favorable, sachant que tu as fait tous tes efforts pour nous détruire ». Pour Socrate, les lois sont au-dessus de tout et elles ne peuvent en aucun cas être subordonnées à des principes personnels sans faire preuve d’irresponsabilité mais aussi d’une certaine hypocrisie.
Aujourd’hui certains utilisent malheureusement la désobeissance civile pour servir leurs intérêts partisans ou professionnels. La désobeissance pédagogique en est un exemple trés grave, sous prétexte que les réformes actuelles de l’Éducation Nationale sont mauvaises et appliquées par un parti politique franchement contraire aux opinions de la plupart des enseignants, certains refusent de l’appliquer alors même que les français les ont approuvé. Personne ne peut douter de la légitimité démocratique du gouvernement actuel ou encore du fait que ces réformes ne sont pas immorales, et pourtant ces enseignants brandissent la désobeissance civile pour faussement justifier leur refus. Et surtout, quelle formidable preuve de civisme de la part de ces enseignants, quel magnifique message envoyé à leurs élèves pour qui une mauvaise loi ne doit pas être respectée. Ici, certains usurpent dangereusement le principe de désobeissance civile à leurs fins, on est très loin des agissement de Rosa Parks. D’autres, comme Xavier Renou, proposent même sur leur site des stages de désobeissance civile alors même qu’elle est par définition une initiative personnelle et ponctuelle et non pas une attitude politique systèmatique qu’il faudrait former par des stages. Ces utilisations perverses de la désobeissance civile sont une véritable remise en cause des principes de notre République.
Là est tout le problème de la désobeissance civile: elle peut mener à la suppression des plus grandes injustices, mais aussi à une remise en cause très dangereuse des fondements de nos démocraties. Hannah Arendt, dans Du mensonge à la violence, ne cache pas la fascination qu’elle a pour Thoreau mais elle a parfaitement démontré qu’il était impossible de faire de la désobeissance civile une doctrine politique en tant que telle. C’est donc un concept à utiliser avec beaucoup de précaution et de réflexion dans des situations exceptionnelles. Il reléve d’une initiative indépendante et sporadique et ceux qui l’utilisent à toutes les sauces ou qui cherchent à en faire un mouvement politique durable font peser un réel danger sur les fondements de notre démocratie en la banalisant ainsi. Il faut absolument le leur rappeler.
MSB
14:41 Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : désobeissance civile, thoreau, loi, socrate, arendt, désobeir, désobeissance


Commentaires
Très bon article,
Sincèrement, je trouve que t'as bien posé les questions que posent la désobeissance civile. Perso, j'aurais naturellement aimé que tu prennes le risque de donner des réponses plus tranchées à ces questions même si je sais pertinement qu'il y a pas de réponse toute faites. Mais c'est bon de te lire sur des sujets qui sont pas strictement politiques.
On aimerait trouver un règle systématique pour savoir ce qui releve légitimement de la désoéissance civile et ce qui est le fait d'un simple rejet immature de l'autorité. Mais comme tu l'as souligné, c'est une question qui se pose avant tout à titre individuelle.
Je vais reflechir sur la question et je re-posterai pour un commentaire.
C'est bon de te revoir sur la toile
a+
A.B.
http://abenarous.wordpress.com/
Ecrit par : A.B. | samedi, 10 janvier 2009
la désobéicence civile du premier mentionné est de l'ordre des OGM conçus par Monsanto fabriquant du round up et de l'agent orange pour la guerre du vietnam
alors si c'est ca etre le danger ..... j'en suis un dangereux extrémiste
pour moi le danger c'est une démocratie m'imposant des choses nocives pour ma santé : les ogm la pollution, les non études sur les ondes, la pollution intérieure et les 100 000 ou 100m de produits chimiques non testés.... dans des intérets purement financiers une fois de plus, pour l'interet de quelques uns
Il est là le problème ^^
Apres, libre à chacun de choisir de subir, d'alerter ou d'agir..
Il y a beaucoup de gens en ce pays qui philosophent dans le vide, ce système de pensée et d'économie nous a mené à la crise actuelle et à la pollution de la Terre; on a remarqué au passage que tout le monde en était ravi de cette crise :) et donc de ce magnifique système
Ecrit par : loool | lundi, 12 janvier 2009
On peut denoncer tout ca sans violer la loi, la démocratie laisse suffisamment d'espace d'expression pour combattre tout ce que tu dis. Il ne faut pas rejeter - au nom de la défense de ses idées - tout le système démocratique qui l'entoure et qui te permet de pouvoir t'exprimer de la sorte.
Défendre ses idées c'est bien mais de là à vouloir violer la loi pour les imposer c'est être tellement sûr de sa propre verité pour faire un gros fuck à toute la société et ses règles de vie en communauté. Seule la loi peut-être imposée légitimement car elle est la décision de la majorité.
Fais en sorte que tes idées soient majoritaires et tu auras gagné ton combat, le viol de la loi n'est pas la solution.
Ecrit par : pete | jeudi, 15 janvier 2009
On ne peut pas toujours s'opposer sans violer la loi.
Et les espaces d'expression ne courent pas les rues. Des gens en france sont poursuivis pour des idées qu'on dit "extrémistes" mais qui ne rentrent simplement pas dans une logique de pensée unique.
Le problème est que le gouvernement présent a tendance à faire passer les lois en douce ou en force sans concertations suffisantes avec les concernés. La réaction doit être proportionnelle, non?
La démocratie c'est le système le plus indirect pour diffuser ses idées, on élit un représentant qui siège à un conseil dont le président va à l'assemblée...enfin voilà.
Sarkozy n'a été élu qu'à peine à 50 % des voix et la moitié restante ne disparaît pas pour autant.
Des lois sont parfois potentiellement dangereuses pour le citoyen!
Les OGM par exemple, ont tendance à me rappeler l'affaire des "hormones de croissance". Actuellement ils sont méconnus mais si, dans 50 ans on en fait les frais...plus personne. Et là c'est une autre ampleur.
C'est pourquoi je soutiens Bové dans son combat contre les OGM.
Et sur les idées majoritaires, "Pete" connaît sûrement l'histoire du mouton...
On ne suit pas toujours le bon berger et la majorité du troupeau finit dans le ravin.
Ecrit par : a little | jeudi, 15 janvier 2009
Vous remetez en cause la démocratie là! Sous pretexte que vos idées ne sont pas au pouvoir vous appelez à rejeter la démocratie et ses règles! Le programme mené par le gouvernement actuel a été annoncé pendant la campagne et est soumis à l'approbation du parlement qui, on l'a vu, est loin d'être une simple chambre d'enregistrement comme beaucoup l'avaient présenté.
Vous voulez défendre vos idées? Faites-le dans le cadre démocratique et pas de manière criminelle! Si tout le monde faisait comme vous, et comme tout le monde croit avoir raison, ce serait l'anarchie la plus complète!
Et puis concernant les OGM, il y a actuellement un moratoire. Ce qui va dans votre sens, mais la question merite quand même d'être posée: les OGM sont-ils mauvais? Aucune étude montre leur éventuel danger pour la santé! Et si les OGM pouvaient aider à combattre la famine dans le monde? Alors avant d'aller violer la loi et empêcher tout effort de recherche en France en allant saccager des champs OGM, laissons la science parler, ce serait trop dommage de jeter les OGM aux poubelles sans même savoir quel est leur veritable impact! Si il s'avere qu'ils sont non-nocifs et donc la solution aux problèmes agricoles du tiers-monde alors votre obstination aura tué des gens en ne permettant pas de les sauver. C'est la veritable question à se poser concernant les OGM.
Ecrit par : pete | vendredi, 16 janvier 2009
Ok excusez moi je voulais pas dire que la désobéissance était la SEULE solution.
Je la pense nécessaire en dernier recours.
Les OGM distribués dans les pays pauvres sont des graines qui ne peuvent pas être récupérées d'une année sur l'autre, c'est donc le paysan qui devient obligé d'acheter tous les ans son grain alors qu'il pourrait fonctionner seul. Les paysans qui sont passés du classique au OGM dans ces pays ne peuvent plus revenir en arrière... Mais, on aide les pays en difficulté.
Pas à devenir indépendants en tout cas.
Les OGM c'est aussi la disparition des autres variétés si bien que des gens tentent de sauver des plantes qui ne sont plus cultivées.
Des agriculteurs bio ont été contaminés par des champs OGM voisins. Il n'ont pas toujours obtenu gain de cause...
Ce n'est pas à nous de modifier ce qui nous entoure, notre environnement. Il faut être prudent et garder une marge de manoeuvre. Ne pas sauter sur la première innovation qui fait gagner de l'argent.
Les OGM doivent être étudiés mais je ne souhaite plus être un cobaye. Il peuvent permettre des avancées dans le domaine médical par exemple.
Ecrit par : a little | vendredi, 16 janvier 2009
Une question difficile ... A laquelle je crois, on ne peut répondre de manière définitive et systématique, tant elle dépend d'un contexte politique et historique particulier ...
Effectivement, on peut s'inquiéter, en tant que démocrate, de l'usage médiatique qui peut être fait aujourd'hui de l'idée de désobéissance civile ... Le vrai questionnement cependant me semble t-il, réside plutôt dans la vision que l'on porte sur le fonctionnement des démocraties contemporaines : le processus de formation des lois est-il systématiquement conforme aujourd'hui à la poursuite de l'intérêt général ?
Peut-on du reste définir objectivement ce qui serait conforme à l'intérêt général ?
Cordialement
S. Illiano
Ecrit par : Silliano | samedi, 17 janvier 2009
En fait, être un danger pour la "démocratie" telle qu'elle est en occident devrait être l'objectif de toute politique de bon sens. Un homme libre fait peur. Surtout celui qui désobéit aux lois des oppresseurs.
C'est un magnifique message pour les jeunes que toujours il est nécessaire de se battre pour garder son esprit critique et sa liberté de penser. Le gouvernement français est depuis longtemps complètement illégitime. Les français ont ils approuvé la constitution, les OGM, le Nucléaire. Merci d'être plus clairvoyant dans vos analyses.
Les mouvements qui font peur? En prison pour terrorisme. Sur les neuf inculpés de Tarnac, 8 sont déjà dehors.
Ces mouvements de désobéissance civile ne s'arrêteront pas tant que le gouvernement ne travaillera pas pour 'intérêt du plus grand nombre. Faites nous confiance.
Ecrit par : matieu | samedi, 17 janvier 2009
Bien sûr qu'il faut toujours rester vigilant, ca fait partie de la citoyenneté. Mais cette liberté d'opinion et d'expression dont vous beneficiez, vous l'avez grace à la démocratie et à ses règles qui permettent à chacun de développer ses idées et les défendre. Mais des que vous franchissez la loi - qui permet pourtant cet espace de liberté - alors vous usurpez cette liberté pour l'imposer à tout le monde par la force.
Pour votre information: le gouvernement francais est tout ce qu'il y a de plus légitime! Mugabe n'est pas légitime, Kim Jong-Il n'est pas légitime, mais Sarkozy est tout ce qu'il y a de plus légitime, (bien) élu démocratiquement dans les règles de l'art.
Vous parlez également des saboteurs de la SNCF, oui ils font peur et oui il pourrait s'agir de terroristes à partir du moment ou des individus invoquent une idéologie pour justifier des actes dangereux de perturbation de la société. Le fait que 8 soient déjà dehors montre bien que la justice marche et que ceux qui feraient "peur" comme vous dites ne font pas l'objet d'une persecution acharnée mais qu'ils sont tout simplement l'objet d'une enquête comme tout autre citoyen.
Vous confondez l'interet du "plus grand nombre" et votre intérêt. Et vous illustrez à merveille le danger que je denonce: vous estimez que vos idées sont tellement bonnes qu'elles devraient être imposées à tout le monde par tous les moyens même si pour cela il faut violer la loi. En cela vous êtes anti-démocratique et totalement en dehors de la tolérance dont vous bénéficiez de la démocratie justement. Vous êtes très dangereux en croyant que tout le monde partage vos idées, je ne vous fait pas confiance, bien au contraire.
La démocratie permet le débat d'idée, mais en respectant l'autre qui a des idées différentes. Vous, vous ne respectez pas les autres, vous estimez avoir raison sur tout le monde sans le moindre respect et avec une certaine violence. Non je ne vous fait pas confiance, les idées on cherche à les réaliser par la persuasion, pas par la force. Sauf exceptions extraordinaires, mais on est plus au temps de Rosa Parks.
Ecrit par : pete | dimanche, 18 janvier 2009
Salut à tous,
Après avoir longuement cherché, voici enfin un article potable sur Gaza, Hamas et Israël. Je me souviens qu'il y a eu une vive discussion sur le blog des Jeunes Sarkozystes, alors je pense que ça vous intéressera. C'est un point de vue intéressant avec lequel on peut ne pas être d'accord mais au moins c'est une belle discussion :
http://respublicanova.fr/spip.php?article519
Jb
Ecrit par : Jb | mardi, 20 janvier 2009
Salut à tous;
il me semble que la désobéissance a été "inventé" en même que que la loi (j'entends citoyenneté) c'est à dire par les grecque car la première Révoltée n'est elle pas Antigone? Elle fait un choix en conscience et en accepte les conséquences. Ainsi l'un ne va pas sans l'autre.
Il me semble par ailleurs un peu malhonnête d'opposer les grandes figures du siècles avec le cas des profs. Des cas de désobéissance il y en a eu de tout temps (depuis l'invention de la citoyenneté donc), des petits, des minables et des grands aussi. Les profs d'aujourd'hui ne sont pas plus irresponsables que ceux d'hier.
Pour ma part, sans apporter mon soutient à aucun désobéissant, je dirais que l'expression directe et populaire est un signe de bonne santé politique et donc démocratique. La démocratie n'est pas en danger mais elle a besoin de poils à gratter
Bien à vous
Tintin
Ecrit par : Tintin | lundi, 09 février 2009
Très bon exemple que celui d'Antigone. Oui la désobeissance civile est née avec la loi.
L'expression directe et populaire de la société civile est tres réjouissante certes (quoi de plus dangeureux qu'une société d'individus vaquant à leurs occupations sans se soucier des autres ni de ce que font les dirigeants?) mais cela depend de la forme qu'elle prend.
Quand cette expression se traduit par des livres, des blogs, des manifestations, des cafés-débats, la création d'un parti politique etc. alors tant mieux. Par contre quand elle devient intolérance vis-à-vis de la loi, mépris des idées des autres et illégalité alors la question se pose. Encore une fois toute la difficulté de la désobeissance civile est celle de la perception du contexte dans lequel elle s'effectue: violer la loi en soit peut avoir du bon et l'article le montre. Cependant aujourd'hui certains, frustrés ou mécontents de ne pas voir leurs idées s'appliquer, s'en remettent à la désobeissance civile pour s'exprimer.
C'est la que ca devient dangeureux! Le poil à gratter est très bon pour le débat démocratique à condition qu'il reste du poil à gratter inoffensif mais dérangeant. A partir du moment ou le poil à gratter devient je ne sais quel poison qui bouffe l'organisme alors il y a danger. Abuser de la désobeissance civile comme le font certains profs actuellement illustre ce danger, et cela est d'autant plus scandaleux qu'ils endossent le rôle d'éducateur auprès d'élèves qui garderont en mémoire que, contrairement à la consitution et à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, nous ne sommes pas égaux devant la loi puisque il suffit de ne pas être d'accord avec elle pour la mépriser. Et ca ca remet en cause toute la structure démocratique de notre société. Le poil à gratter devient un poison très dangereux...
Ecrit par : pete | lundi, 09 février 2009
Ecrire un commentaire