mardi, 07 octobre 2008
Le capitalisme n'est pas en crise !
Plus le capitalisme est triomphant plus il est détesté. Si l’auteur de cette affirmation m’échappe, sa pertinence n’en demeure pas moins vraie. A la moindre turbulence économique, si importante soit elle, le capitalisme en prend pour son grade. Aujourd’hui il est devenu le bouc émissaire de toutes les unes de journaux essayant de faire croire aux français que le capitalisme est devenu fou et qu’il faut l’enterrer. Gardons-nous pourtant de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ces critiques révèlent en vérité des croyances bien françaises. Par exemple, la perception que la plupart des français ont du capital est terrifiante. Des « économistes » (autoproclamés) de trottoir m’ont récemment interpellé dans la rue, où ils exposaient leurs idées, en me jetant à la figure un chiffre très troublant : « 98% du capital ne revient pas dans la poche des salariés, c’est du capital fictif ». Et les passants, croyant à ce discours simpliste, de répondre « dans les boites, c’est le capital qui prend tout et il ne reste plus rien pour nous » ou « dire qu’ils mettent des milliards pour sauver le capital alors que des gens ont du mal à boucler leur fin de mois ».
Cette méfiance, voire haine, envers tout ce qui touche au capital est surtout le fruit de l’ignorance : non seulement ils ne savent pas à quoi il sert mais en plus ils ne savent pas ce que c’est. Dans l’imaginaire populaire, le capital serait de l’argent arraché au travail et mis en circulation dans une bulle déconnectée de la réalité qui ne profiterait qu’aux plus riches. Cette perception grossière est l’héritage d’intellectuels renommés proches du marxisme et qui n’ont cessé - durant la guerre froide - de faire croire aux français, très sensibles à l’égalité, que les riches ne méritaient pas leur argent et que la conception stalinienne de la répartition était plus juste. Malheureusement, ces Aragon, Gide, Sartre et autres ont emporté avec eux dans leurs tombes les excuses de ces mensonges politiques pourtant démentis par les faits historiques. Le train de vie du monde de la finance et les salaires honteux de certains grands patrons ont permis à des démagogues de réveiller ces vieilles chimères sur les plateaux télévisés, surtout en l’absence de toute contradiction.
Pourtant, le capital - dont la finance n’est que l’outil de gestion - permet un transfert formidable des capacités de financement vers les besoins de financement d'aujourd'hui et de demain. L’épargne des français est ainsi omniprésente sur les marchés financiers par les retraites par répartition – le fonds de réserve pour les retraites gère ainsi près de 31 milliards d’euros -, les retraites par capitalisation, les Plan d’Epargne en Actions, le livret A, les OPCVM, les contrats assurance-vie, etc. Et tous les acteurs économiques tirent profit de cette épargne mise à disposition: les entreprises qui ont besoin de prêts, les ménages qui veulent préparer l’avenir, ou encore l'Etat qui peut investir plus que ses recettes lui permettent. Au niveau mondial, c’est un vecteur de développement qui permet de transférer l’épargne du Nord vers les pays du Sud en quête de fonds pour soutenir leurs économies naissantes. Au total, ce sont 12,5 millions de français qui possèdent un contrat assurance vie, 2,2 millions qui possèdent des revenus locatifs, 11 millions qui détiennent valeurs mobilières. Quelle étrangeté de voir un peuple si épargnant cracher sur son propre capital. D’ailleurs le débat autour du financement du RSA est symbolique de la tension qui règne entre réalité et croyances: ceux qui fustigent le capital furent les premiers indignés de le voir taxé car cela revenait à faire payer les classes moyennes ! Ils ont paradoxalement fournit la preuve irréfutable que le capital est tout sauf fictif ! Il revient, tôt ou tard, au travers des ménages, des banques, ou des entreprises dans l’économie dite « réelle ». Le capital est dans nos poches et sur nos comptes aujourd'hui et demain, il assure nos retraites et notre revenu. Malheureusement il n’est pas aussi visible que le salaire qui tombe toutes les fins de mois car son circuit économique est plus long, moins intuitif, moins visible, mais ses retombées n’en sont pas moins vitales pour l’économie. On le voit d’ailleurs bien aujourd’hui : lorsque la sphère financière va mal c’est toute l’économie qui flanche. Pourtant cette relation de cause à effet amène certains à aller plus loin et demander la mort du capitalisme en l’accusant de tous les maux, alors que son innocence doit être clamée haut et fort.
Car dans cette crise le capitalisme n’y est strictement pour rien. Ceux qui tapent sur le « capitalisme financier » en sont la preuve. Rajouter au terme « capitalisme » l’adjectif « financier » prouve bien que ce n’est pas l’essence du capitalisme qui est le problème mais son utilisation. Car il y une différence FONDAMENTALE entre le capitalisme, qui est un système de fonctionnement économique, et (par exemple) le libéralisme qui n’est pas un système mais un mode de fonctionnement et de régulation, le système capitaliste pouvant être plus ou moins libéral. Le capitalisme est ni plus ni moins qu’un système, reposant sur des principes fondamentaux comme la propriété privée, la liberté économique, le progrès ou encore la division du travail. Pour certains économistes comme Fernand Braudel, il est même inhérent à n’importe quelle forme économique : en tant que troisième niveau de toute économie, après la « vie matérielle » et le « marché », il prend plus ou moins de place au fil de l’Histoire. Il est d’ailleurs complètement absurde de tirer un trait général du capitalisme tant il varie considérablement selon ses modes de fonctionnement comme l’a très bien montré Michel Albert dans Capitalisme contre Capitalisme.

Mais le capitalisme est non seulement un cadre économique, il est aussi espace moral et social qui permet à l’homme de s’épanouir. Dans La Route de la Servitude, Friedrich von Hayek a formidablement démontré que l’alternative au capitalisme est difficilement concevable tant ce dernier s’adapte mieux que quiconque à la nature de l’homme, à la différence des autres systèmes que l’Histoire nous a donné et repris. Milton Friedman, dans Capitalisme et Liberté, écrit que le choix du capitalisme rend possible la place de la liberté et donc de la démocratie dans nos sociétés. Les idées de Joseph Alois Schumpeter, si pessimistes soient-elles sur son avenir, érigent le capitalisme en vecteur du progrès de la civilisation humaine. N’oublions donc pas les énormes atouts du capitalisme qui dépassent largement l’économique. Quand une recette culinaire ne donne pas satisfaction on revoit la composition des ingrédients ou le temps de cuisson, mais on ne change pas de four. Quand l’économie va mal, arrêtons donc de nous ruer sur une critique facile du capitalisme. En revanche cela ne nous empêche pas de critiquer son utilisation. Cette crise montre que les marchés financiers doivent être surveillés de très près parce que leur rôle est justement primordial pour l’économie dite « réelle ». Les abus doivent être sanctionnés et les marchés financiers devront désormais évoluer dans des cadres de liberté surveillés par des gendarmes vigilants et postés aux bons endroits.
N’en déplaise à certains, l’économie est une science. Durant des siècles, une multitude d’économistes a écrit des bibliothèques. Si certaines de leurs idées se sont révélées fausses, d’autres sont toujours vraies et permettent de comprendre les événements que nous vivons. D’ailleurs cette crise n’est pas celle de la science économique puisque son déroulement a été prévu, parfois à la virgule, par des économistes tel Nouriel Roubini, Paul Krugman, Hyman Minsky ou encore Jacques Attali. On ne les entendait simplement pas dans les médias et dans les sphères de décisions politiques. Les généralisations et les concentrations médiatiques sur des sujets économiques spécifiques ne font que renforcer le contraste entre l’économie immédiate, celle qui est visible et constamment mise en lumière, et les circuits économiques plus longs délaissés dans le no man’s land de l’information. La perception de l'économie de la majorité des français qui en découle est trop égocentrique alors que le système économique qui nous entoure est devenu très complexe. Les flux continus d’information qu’il nous transmet sont énormes alors que les individus ne peuvent qu'en traiter une toute petite partie généralement au travers d’intermédiaires médiatiques qui ont déjà fait leur tri. Cette récolte d'information aléatoire mélangée à une économie qui se complexifie ouvre un boulevard aux prises d'otage d'opinion, simplifications massives, et propagations d’idées simples mais fausses. Face à des consciences de plus en plus individualisées, cultivant leur ego comme jamais auparavant, la vérité économique n’est plus qu’un rêve.
Cela fait naître un danger au sein des sociétés modernes, celui de la volonté d’un retour vers des utopies oubliées, accélérée par la nostalgie du passé et l’habitude de la prospérité qui a fait oublier les drames économiques qu’ont provoqué les tentatives d’éloignement du capitalisme. Vouloir tuer un système économique innocent en faisant croire qu’il est responsable de tous les défauts que porte la terre est très dangereux, surtout quand ceux qui demandent sa mort explosent dans les sondages et vont même jusqu’à créer un parti entièrement dédié a sa destruction avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).
MSB
18:28 Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, crise, subprimes, financière, npa, friedman, marxisme


Commentaires
Ce texte est si involontairement drôle, surtout dans sa conclusion, que je l'ai cité dans ma revue de presse : http://mondeenquestion.blogspot.com/2008/10/la-guerre-des-classes.html.
Ecrit par : Serge LEFORT | mercredi, 08 octobre 2008
J'apprecie votre intérêt pour mes écrits, en réponse voir commentaire laissé sur votre blog.
Ecrit par : pete | mercredi, 08 octobre 2008
eh,comment peut on donner 3000 milliards de dollar aux banquiers et pas 1% d'augmentation du smic ?
crois moi ,quand ça va péter , l'humanité régressera bien audelà des utopies du 19° siecle !
Ecrit par : paul anar | mercredi, 08 octobre 2008
Encore un planqué derrière son bureau qui voit ça de haut, tout juste s'il nous dit pas que tout ce merdier planétaire, ben, il l'avait prévu, ça fait partie du deal… Encore un pur et dur qui nous justifie par le menu les bienfaits (?) du capitalisme. Ça fait trente ans que l'on nous bourre la tête avec ces thèses là. Bon toi l'intello de salon, va t'en expliquer tes thèses aux millions de chômeurs passés et à venir. Ils t'attendent avec impatience. Marre des gens comme toi. Marre. Aussi schématique que les cocos en leur temps… Mort au capitalisme et à ses thèses !
Ecrit par : crac boum hue ! | mercredi, 08 octobre 2008
Le capitalisme a créé les conditions de l'ultra-libéralisme. Son cadre à débouché sur cette fameuse liberté d'entreprendre, d'agir et de faire fi des lois naturelles.
Donc le capitalisme est à mettre en cause car il faut aller comprendre ce qui, dans son antre idéologique, a permi de telles dérives.
C'est pourquoi je trouve votre article naïf et dangeureux : dans des moments aussi critiques, mieux vaut mettre la pédale douce sur l'encensement historique et autre blabla, pour exagérer dans sa critique et non sa défense.
Blaise, partisan d'un nouveau capitalisme, celui de Yunus.
Ecrit par : Blaise | mercredi, 08 octobre 2008
Tout cela manque de mesure, je suis sans doute un peu naïf mais je pense que tous les systèmes peuvent fonctionner à partir du moment ou les plus favorisés ne se comportent pas en dictateurs.
Le capitalisme, c'est comme le cholestérol, il y a le bon et le mauvais. Quand j'entends des gens dire qu'on est dans l'ultra libéralisme, ça me fait bien rire. Je pense au contraire que le libéralisme, on le sort quand ça nous arrange.
Un exemple tout con, si demain je décide de créer une entreprise qui fabriquerait des voitures qui n'auraient besoin que d'air pour rouler, je n'en aurait pas l'autorisation Pourquoi? parce que des entreprises puissantes comme les principales marques automobiles et les lobbys pétroliers ne survivraient pas longtemps à cette concurrence. On est loin de la liberté d'entreprise prônée par le libéralisme.
Restreindre une idée nouvelle parce que cela risque de nuire à d'autres entrave la liberté de création , or c'est exactement ce que font les multinationales, et elles nous disent que c'est cela le libéralisme. Ce n'est pas vrai. Ce ne sont que des entreprises favorisée qui trichent pour garder leur place.
Je suis plus ou moins d'accord avec le sens de cet article, ce n'est pas un système qu'il faut blâmer mais ce qu'on en fait. Cela s'applique au capitalisme autant qu'au communisme et à l'anarchie.
Ecrit par : NPH | mercredi, 08 octobre 2008
Non le capitalisme n'est pas en crise, il a juste besoin d'une ou deux réformette.
Petit problème, pour faire ces réformettes, c'est à dire rendre plus égal la distribution des revenus et des patrimoines à l'échelle de la planète, il nous faudrait au choix 200 ans ou une grosse guerre mondiale non? Qu'est ce que vous préférez?
On n'assiste certes pas à la fin du capitalisme, mais à la fin d'un monde et d'une idéologie, et personne n'a la solution miracle pour mettre fin à l'aberration d'un système.
C"est pas une crise financière, c'est une crise de la répartition, et je suis bien d'accord pour dire que le libéralisme n'a rien à voir avec ça. Sans solution rapide, faut donc s'attendre à un gros gros bouleversement genre profonde récession puisque les inégalités sont trop fortes, plus forte même qu'en 1929.
On a voulu maintenir à tout prix un système inique et inefficace en cachant la poussière sous le tapis. Ça fait longtemps qu'il n y a plus de place sous le tapis, et maintenant on est devenu allergique.
Mais que va t il se passer? Si je suis persuadé que l'on n'est qu'au début de nos difficultés, c'est à une passionnante refondation de ce capitalisme à laquelle nous allons assister.
Ecrit par : enoi | mercredi, 08 octobre 2008
Cher Maxime,
Excuse moi mais ton discours ressemble à une caricature de jeune étudiant petit bourgeois en école de commerce hors de prix...
Comme vos cours d'amphi ne sont pas en libre accès (il faut payer plusieurs milliers d'euros pour y accéder) c'est généreux de ta part de nous faire partager tes cours de macro-économie.
"Le capitalisme est innocent" c'est un peu fort! Je dirais plutôt qu'il est amoral. Quel est le but de ce système? Que tout le monde tende vers un plus grand niveau technique? Je n'pense pas que ce soit le cas et même si cela l'était, à quoi bon?
"Le capitalisme vecteur de progrès", oui va dire ça aux peuples exterminés et/ou colonisés dans le seul but d'exploiter LEURS matières premières...
"le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage" disait Jaurès, et c'est bien évident : la guerre est idéale pour faire tourner l'économie et je pense que Hitler, Mussolini, Bush(s), Cheney, Rumsfeld seraient d'accord avec cette affirmation.
Tu noteras aussi que le système a besoin pour ne pas s'écrouler d'une croissance permanente, alors que les ressources et l'humain sont limités... C'est absurde!
Le système dans son ensemble est absurde! Des propriétaires utilisent leurs biens immobiliers vides pour spéculer alors que des gens crèvent dans la rue! On fait des bagnoles qui roulent à 200km/h alors qu'on est limité à 90!
Nous sommes tous des sous-produits qui courent après les merdes que le système leur a fait assimiler : l'argent, les bagnoles chères, le home cinéma, les caissons à UV, le parfum à 200 euros, les jets privés, tout ça pour quoi? ON est pas plus heureux avec ça et on crèvera tous!
Je suis un utopiste, et je le revendique!
Sans utopistes, des enfants de 8 ans travailleraient encore dans les mines en Europe, il n'y aurait pas de SMIC, et nous aurions encore un Roi!
Et ces quelques avancées sont bien peu de choses et ne se font que dans des zones limitées.
Le capitalisme c'est la concurrence (c'est aussi un critère de la CPP) et ce système gagne tout : concurrence des individus dans chaque structure (entreprise, administration, équipe, classe..), concurrence même entre les peuples!!!
Le peuple qui a le moins de droits est le plus concurrentiel!!! ABSURDE, IMMORAL, INIQUE!
La crise : oui une petite récession qui nécessite un plan de relance comme par exemple une guerre pour tuer des gens, détruire des productions, produire plus d'armes, détruire et reconstruire...
Bientôt, je le crains mais sans voir d'autre issue, l'humanité sera détruire par elle même et par notre mère la Terre... et un monde nouveau (que j'espère meilleur) sera construit par les survivants, comme cela s'est déjà produit dans l'histoire de cette planète, et comme cela s'est produit dans l'hisoire de l'humanité.
Je te laisse Max, je ne te hais point mais j'ai pitié de toi. Alors réfléchis à tout ça de manière humble, ne croit pas que ceux qui pensent différemment de toi sont des cons...
PS : bon courage dans ta conquête de pyramide de sable à l'UMP ou ailleurs!
Ecrit par : Vince6r | mercredi, 08 octobre 2008
1) Pete confond capital et épargne.
2) Sa conception d'un capitalisme anhistorique est typique de l’économie « classique ».
3) Il se réfère en fait à la phase pré-industrielle du capitalisme, qui s'est achevée au XIXe siècle, et surtout à la phase essentiellement familiale du capitalisme (voir Histoire du capitalisme).
Ecrit par : Serge LEFORT | jeudi, 09 octobre 2008
dito avec les liens non pris en compte dans le commentaire précédent.
1) Pete confond capital (http://fr.wikipedia.org/wiki/Capital) et épargne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Épargne).
2) Sa conception d'un capitalisme anhistorique (http://fr.wiktionary.org/wiki/anhistorique) est typique de l’économie « classique ».
3) Il se réfère en fait à la phase pré-industrielle du capitalisme, qui s'est achevée au XIXe siècle, et surtout à la phase essentiellement familiale du capitalisme. Voir : Histoire du capitalisme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_capitalisme).
Ecrit par : Serge LEFORT | jeudi, 09 octobre 2008
Cher Serge,
1) Apprendre l'économie au travers de wikipedia me fait bien rire, je commence a comprendre vos propos bizarres
2) Je ne confond pas epargne et capital, je dis simplement que au travers de leur epargne les francais participent à la vie de ce capital qu'ils décrient tant. nuance.
3) Ce n'est pas moi qui dit que le capitalisme est ancré dans l'histoire de l'homme, c'est Braudel. Apres on peut etre d'accord ou pas avec lui, personnellement mon article n'en fait pas un dogme.
4) Je ne vois pas en quoi mes propos se réfèrent au capitalisme du 19eme siecle. qqes explications sont les bienvenues! et svp pas celle de wikipedia, remontons le niveau...
Cher Vincent,
Je n'ai pas besoin de ta pitié et je mets de coté tes hypothèses (fausses) sur ma personne qui n'ont rien à faire ici.
Quand tu dis que le but du capitalisme est d'atteindre un niveau technique toujours plus élevé je suis d'accord avec toi et je ne vois pas ou est le problème. La technologie est une chose merveilleuse qui peut regler beaucoup de problèmes de l'humanité, on ne peut que se réjouir de ses progrès. Apres la question est de savoir comment on l'utilise, ca c'est un autre debat.
La capitalisme n'est pas responsable de l'extermination ou le "pillage" des matieres premieres, nous n'en sommes plus là, si tant est qu'on l'ait vraiment été (cf. lire Bairoch). C'est une idéologie qui a fait naitre cela, pas le système capitaliste! Et que dire des systèmes alternatifs comme le communisme qui vont même jusqu'a exterminer par millions ses propres habitants (famine provoquées par staline en ukraine par exemple) et/ou les violer dans leur conscience. A coté de cela, le capitalisme n'a certainement pas les armes pour faire concurrence.
Quant à la guerre qui serait le moteur du capitalisme, c'est une thèse qui réapparait constamment. Elle est fausse, la premiere cause de la guerre c'est la betise humaine pas le capitalisme. D'ailleurs beaucoup d'écrits ont montré que ce dernier a permis de remplacer les ardeurs guerrières des hommes par les échanges commerciaux et la concurrence.
Le système a-t-il vraiment besoin d'une croissance permanente? Je n'en suis pas sur, encore une fois le capitalisme est un cadre, moins de croissance ne détruira pas ses principes et ne me ressort stp pas les théories marxistes de la plus-value ou de la baisse tendencielle des taux de profits. Ces thèses ont prouvé leur débilité.
Arrete de dire que le peuple qui a le moins de droit est le plus concurrentiel c'est archi-faux. L'économie ne peut se passer de stabilité et de consommation, a terme cela n'est pas viable! On a vu avec des pays asiatiques tres pauvres et autoritaires que l'insertion dans le marché mondial allié a une économie de marché fait changer tout le contexte social, regarde la Corée du Sud il y a 50 ans et regarde la aujourd'hui (et regarde aussi ou ils en sont encore au nord...).
En fait ce que tu regrettes c'est la course de l'homme vers l'avant qui le fait désirer toujours plus. On peut discuter de ca, mais alors le problème n'est pas celui du capitalisme mais de la nature de l'homme et là on passe dans le champ philosophique.
Ecrit par : pete | jeudi, 09 octobre 2008
Laisse tomber, stp, le couplet sur les "nombreux morts du communisme".
D'une j'ai entendu ça des milliers de fois.
De deux je ne suis pas communiste.
De trois l'URSS n'a, pour moi, jamais vraiment été communiste (c'est parce qu'un Etat se dit communiste qu'il l'est), ils n'ont fait que substituer un capitalisme d'Etat au capitalisme privé.
Et tu crois que Hitler, bon stratège capitaliste, n'a pas fait de morts?
L'exploitation des matières premières du sud par le nord, tu dis "La capitalisme n'est pas responsable de l'extermination ou le "pillage" des matieres premieres, nous n'en sommes plus là, si tant est qu'on l'ait vraiment été ".
Bien sûr qu'on en est encore là!!! Pourquoi crois-tu que Chavez et Morales nationalisent l'exploitation du pétrole? Parce qu'ils en ont eu marre de voir des compagnies étatsuniennes se goinfrer pendant que eux n'avaient que les miettes.
Et quand l'Afrique du sud est traînée en justice par des labos pharmaceutiques parce qu'elle produit des génériques "illégaux" pour soigner le SIDA!?
Et quand on fait bouffer des hormones et des antibiotiques à des animaux parfois mutilés et toujours plus concentrés?!
Dans ce système, on ne recherche que la maximisation du profit plutôt que le partage, le respect...
Nous sommes d'accord : le gros problème c'est la bêtise humaine. Si nous étions plus évolués, nous ne serions plus dans un système aussi amoral où des gens immoraux ont beaucoup de pouvoir...
Ecrit par : Vince6r | vendredi, 10 octobre 2008
Ca y est le mot est lâché! "immoral"...
Le capitalisme serait immoral et les puissants sont tous immoraux! La moralité dépendrait donc de l'argent, plus on a de pouvoir et d'argent moins on est moral! Je ne suis pas du tout d'accord avec ce raisonnement débile. Simple exemple: regarde les deux hommes les plus riches du monde Warren Buffett et Bill Gates, les deux vont ceder la très grande majorité de leur héritage à des associations caritatives.
L'URSS était au départ communiste, elle s'en ait éloignée, notamment avec la NPE qui a marqué un retour aux mechanismes de marché, parce que leurs idées utopistes se sont rapidement révélées incompatibles avec la réalité. Aujourd'hui le capitalisme a pris le dessus sur les pays autrefois communistes qui ont bien du mal a se sevrer du poisin communiste qui les a ruiné.
Quant a ton analogie avec Hitler, elle prouve bien que tu n'as pas vraiment lu mon article. Le capitalisme est un système, pas un mode de fonctionnement économique et encore moins une idéologie politique. Ne met stp pas sur le dos du capitalisme les horreurs de la Shoah.
Si tu crois que les actions de Chavez et Morales sont la preuve que le sud est pillé par le nord c'est faux. Chavez est un demagogue autoritaire qui use et abuse de la rhétorique antiamericaine pour conforter son pouvoir qui vacille de plus en plus. Quant à Morales je t'invite à aller voir ce qui se passe actuellement en Bolivie, qui est au bord de la guerre civile, pour comprendre que les nationalisations petrolières sont loin de faire l'unanimité. C'est l'Etat qui récupère les raffineries et leurs coût de forage exhorbitants dans lesquels s'engouffrent les deniers publics alors que la pauvreté est préoccupante et qu'il vaudrait mieux utiliser cet argent pour eux plutot que pour garder en marche des raffineries qui n'apporteront pas tous les revenus attendus, regarde la volatilité du prix du petrole actuel...
Quant aux produits pharmaceutiques tu as raison de dire que les generiques sont illégaux. Les boites pharmaceutiques payent des millions pour la recherche, si au final c'est pour que n'importe qui puisse reprendre gratuitement leurs decouvertes, cela ne vaut plus le coup et adieu la recherche adieu les futurs médicaments. C'est ce qui justifie un monopole TEMPORAIRE, meme si celui ci peut etre contourné par des accords entre l'etat et ces firmes comme c'est le cas, tu oublies de le dire!
Tu vois que tous tes arguments ne tiennent pas la route des qu'on se met a gratter un peu! La realité est plus tetue que tes simplifications...
Tu es contre le capitalisme, tu n'es pas communiste, que proposes-tu alors comme système? l'anarchisme? je n'en vois pas d'autres...
Ecrit par : pete | vendredi, 10 octobre 2008
max, je ne vais pas commenter ton artcile car :
1) trop de choses à dire
2) pas le temps
3) pas mal de choses ont déjà été dites
Mais quand même, en lisant tous ces commentaires, j'ai été à nouveau horrifié en découvrant ton argument suprême :"si t'es contre le communisme et le capitalisme, alors qu'est-ce que tu proposes péper? Rien? alors fermes ta gueule". En gros, c'est ce que tu dis à vincent.
Je trouve ton argumentation particulièrement pauvre et décevante à ce niveau là... Toi même, tu montres dans ton article que le capitalisme est le fruit d'un long processus de maturation (plus de 500 ans quand même). C'était un système bien avant qu'il soit théorisé. Et là, tu demandes à un mec de théoriser un système avant qu'il n'existe?!! C'est à dire de faire le chemin inverse ?!!
Allez max, reveilles toi. Si tu as peur de participer à la naissance d'un nouveau système, si tu as peur du changement, c'est ton problème. Après tout, je connais un tas de conservateurs très sympas! Mais ne défends pas le capitalisme bec et ongle sous prétexte qu'il s'agit de l'unique solution! Aller vers un nouveau système ne signifie pas abandonner d'un coup le capitalisme, mais le transformer petit à petit pour aller vers quelqeu chose de différent.
Ecrit par : fredo | lundi, 13 octobre 2008
Cher Maxime,
Votre analyse de la crise financière actuelle témoigne d'une bonne connaissance de la théorie économique et je vous félicite pour votre style qui rend vos articles très agréables à lire.
Je me permets simplement de faire quelques remarques par rapport au style et au contenu de votre article:
Comme dans la plupart de vos articles, vous semblez systématiquement vouloir caricaturer la position adverse pour mieux pouvoir la démonter ce aui est dommage. Inventer des citations comme vous le faites dans le premier paragraphe pour nous montrer qu'il y a des "économistes de trottoir" nuit au sérieux de votre article. On aurait l'impression parfois que votre intention est plus de provoquer qu'exposer votre avis. En tout cas, vu les vives réactions suscitées par votre article si votre pari était de choquer vous avez gagné!
J'ai trouvé trés informatif votre explication de la différence entre le système capitalisme et le libéralisme, simple mode de fonctionnement. Des amalgames entre ces deux notions sont malheureusement trop souvent fait dans les médias.
On pourrait longtemps débattre du caractère scientifique de l'économie. Le fait que quelques économistes comme Minsky aient anticipé la crise actuelle ne prouve en rien que l'économie ait fait ses preuves en tant que disciplines scientifique.
Au contraire, le mutisme dont ont fait preuve les plus grand économistes dans les premières semaines de la crise financière actuelle montre bien qu'ils ont été impuissant face à l'effondrement de leur théories et croyances. Même des économistes éminents comme Paul Voeckler et Alan Greenspan qui avaient pourtant plusieurs décennies d'expérience au sein de la FED n'ont jamais réellement mis en garde les autorités publiques des ménaces qui pesaient sur le système financier. Pis, Greenspan a joué un rôle déterminant dans l'alimentation de la bulle immobilière avec sa "cheap money policy".
Les modèles économétriques ont montré leurs limites et il me semble qu'aussi longtemps qu'un moyen n'aura pas été trouvé pour intégrer dans ces modèles scientifiques la psychologie individuelle des acteurs des marchés financiers, l'économie demeura une science de second rang, faute d'avoir pu falsifier ses hypothèses.
Ecrit par : Evgeny | vendredi, 17 octobre 2008
Lisez les 10 plus gros mensonges de l'économie un livre facile à lire et très révélateur sur les conneries que le gouvernement nous raconte.
Ecrit par : jacques | mardi, 28 octobre 2008
Merci pour votre analyse intelligente. A lire les commentaires, je vois comme une montagne devant moi et je me dis "bigre y'a du boulot !".
Ecrit par : maximer999 | samedi, 15 novembre 2008
"Friedrich von Hayek a formidablement démontré que l’alternative au capitalisme est difficilement concevable tant ce dernier s’adapte mieux que quiconque à la nature de l’homme, à la différence des autres systèmes que l’Histoire nous a donné et repris".
Mon cher Maxime, je tire cette référence à Hayek de ton désopilant article. Et, puisqu'il me semble avoir affaire à un théoricien, je vais essayer de me situer modestement sur le même terrain :
- primo, bravo pour ta démonstration (brillante par sa sophistique mais finalement peu concluante) comme quoi il existerait une différence entre le capitalisme financier et le capitalisme 100% pur porc, celui des origines, des pères fondateurs. Je n'y crois pas un instant.
Le capitalisme repose sur un principe simple, celui de l'accumulation de capital. Cet objectif-dessein, qui surdétermine inéluctablement toute logique, pousse à l'accumulation de profits la plus rapide possible, et les marchés financiers représentent un terrain de jeu naturel !
Je note au passage que pas un banquier (pourtant spécialiste dudit bac à sable) ne se vante d'être un capitaliste financier. Que nenni ! Un banquier, c'est bien évidemment un bienfaiteur pour ses clients, à commencer par les entreprises à qui il permet de se développer... Bref, pas crédible ta théorie du capitalisme pur et vertueux.
Le capitalisme repose donc sur le principe du zéro scrupule, la fin en venant à justifier les moyens puisque c'est le système qui veut ça.
Et c'est précisément là que ton système philosophique entre en violente collision avec le mien.
Car toi tu penses (cf la phrase de Hayek) que la nature de l'homme, c'est d'écraser son prochain, et que c'est inéluctable. Donc le capitalisme est le système adapté l'homme, car brutal comme lui.
A ton postulat j'oppose le mien : l'homme est un être social, dont le premier contact est la plupart du temps une manifestation d'amour pour ses géniteurs. Tu parles d'un loup pour l'homme ! (Le Léviathan, j'imagine que c'est une de tes bibles ...)
Alors, pourquoi ne pas imaginer une société qui, grâce à la puissance publique (pas plus mal que celle des marchés, non ?), puisse faire une place à chacun.
Une société débarrassée de la brutalité du système actuel.
Ton cynisme a quelque chose d'effrayant car il vient infirmer la théorie du système incontrôlable ! Il y a donc des gens qui, comme quoi, le soutiennent et le promeuvent !
A peine croyable, ça fait froid dans le dos.
J'espère que ce message qui se veut le plus amical possible ne subira pas la censure du modérateur !
Salutations
Ecrit par : Fred93 | lundi, 17 novembre 2008
Pourquoi s'étonner qu'un capitaliste défendent le capitalisme ?
C'est ainsi que Sarkozy a été élu. C'est dans l'ordre des choses, comme le darwinisme social et autres horreurs dont ils sont responsables.
Nombreux sont ceux qui ont les yeux ouverts et nombreux ceux qui ne croient plus, et cessez de croire, c'est se libérer.
Ecrit par : MDR | mercredi, 19 novembre 2008
Oui oui tu es plus libre que nous, nous qui sommes floués.
Sache que la liberté c'est parfois aussi savoir se détacher des opinions faciles et vehiculées par tous, et faire preuve d'anticonformisme intelectuel. Aujourd'hui peu de gens défendent le capitalisme, son lynchage est plutôt à la mode. Ce qui ne veut pas dire non plus que tout anticonformisme est bon.
Donner tort comme tu fais à ceux qui défendent le capitalisme sous pretexte qu'ils ont les yeux fermés est un argument qui ne tient pas la route. Je pourrais te reprocher la même chose. Comme ca le débat avance...
Ecrit par : pete | mercredi, 19 novembre 2008
Je remercie l’auteur de ce blog pour sa langue admirable et son sens pédagogique. Me sentant au milieu de gens réellement intelligents, je pense que je peux me permettre de dire quelques sottises pour rétablir une sorte d’équilibre (peut-être naturel) dans la communication.
Je pense que le capitalisme, et -à fortiori- l’argent ne peuvent être des valeurs durables et porteuses pour la civilisation.
Ensuite, je ne pense pas que le capitalisme puisse se corriger ou s’autoréguler même par des crises et surtout pas par des crises.
Joseph E.Stiglitz (prix Nobel d’économie) décrit en 2003 dans son livre « Quand le capitalisme perd la tête » l’exact mécanisme de ce qui s’est passé avec les subprimes. Etant donné la position de cet universitaire dans le gouvernement Clinton et en supposant que les politiciens savent lire et connaissent leur métier, on peut en déduire que la machine économique n’est pas guidée par la raison mais par des pulsions liées à la consommation.
Il se peut que cette situation vienne du fait que la science (et sa servante, la technologie) aient été érigées en divinités et que le progrès matériel -vu comme potentiellement infini- soit l’idée philosophico-sociale qui serve actuellement de consensus majeur dans la civilisation. L’argent est perçu comme le moteur indispensable au financement de ce type de progrès et cela dépasse toutes les idéologies politiques qui discutent de la répartition des biens et des différentes formes de « mérites » qui ont essayé de les compenser.
Hors, l’écosystème est fini et la capacité morale de l’homme est fluctuante (on pourrait dire aussi opportuniste, partisane et intéressée).
De fait, l’avenir ne peut exister que si l’homme se montre capable de substituer la notion de progrès social à celle de progrès économique sans cependant l’ignorer.
De plus, les mythes du progrès technologique doivent être soumis à un contrôle de qualité scientifique et le prétendu progrès ne doit plus être véhiculés par le marketing dans la population.
Par exemple, une couronne dentaire n’est plus un luxe étant donné la longévité de l’être humain au 21ème siècle dans les pays dits civilisés. Ce qui serait un luxe, ce serait de ne pas contrôler les dentistes qui pourraient forcer à la consommation de soins de ce type s’ils étaient remboursés.
Allez sur la lune n’est pas un progrès en soi même s’il a des avances technologiques découlant de cet exploit. Il y a des priorités plus grandes comme celles du respect de la personne privée dans un monde qui digitalise toutes les données sans contrôle citoyen suffisant. Je vois le progrès réel dans ce sens et son financement est secondaire car c’est surtout une question politique.
En aidant les banques à se recapitaliser à concurrence de 200 milliards d’euros par des processus que je trouve opaques pour une intelligence citoyenne normale, on perpétue les habitudes d’un système obsolète et coûteux à ce stade post-moderne de la civilisation globale. On réaffirme une logique de désagrégation qui ne rencontre actuellement que peu de résistance sauf intellectuelle.
Les gens doivent se concentrer davantage sur la valeur objective, ne serait-ce qu’à moyen terme, de ce qu’ils consomment (produits et services) et des politiques pour lesquelles ils votent. Pour cela il doivent s’informer et ce blog me semble y contribuer par ses synthèses et points de vue concentrés et intéressants.
La question n’est plus de trancher uniquement sur le destin des pauvres par rapport au riches ou des riches par rapport aux pauvres. La question est celle de la survie de l’espèce et d’un effort minimal d’information et de conscience de la part de chacun et tout particulièrement de la part de ceux qui n’ont pas faim.
Ecrit par : Arkhan | dimanche, 14 décembre 2008
dans ce monde d'absolu soumission à l'argent qui n'est pas roi mais dieu puisque la crise qui survient montre a quel point son autogeneration suicidaire n'est pas reformable;ce qui provoque sa propre auto destruction;je ne vois donc pas les raisons de sacraliser un modèle en voie de détruire lui même et la planète
sacralisateur d"un système que personne ne sait plus par ou attrapper ;par ailleurs sacralisateur de la loi fille docile du systéme et devenue tristement bling bling elle aussi,je ne bvous suivrai pas dans votre immobilisme.
Ecrit par : fajeau | mercredi, 14 janvier 2009
l'immobilisme il est dans ceux qui crient et veulent décapiter le système à la hache sans se poser de questions car c'est tellement facile.
Il est plus difficile de faire la part des choses entre le bien et le mal dans ce système pour tenter de le réformer non pas à la hache mais au bistouri...tâche difficile, exigeante mais moins dangeureuse que votre refutation totale du système capitaliste qui nous menera a quel autre système? dites-le nous, nous n'attendons que ca!
Ecrit par : JOEY | jeudi, 15 janvier 2009
Écrire un commentaire