dimanche, 27 janvier 2008

Lettre ouverte aux fumeurs qui refusent la loi

Alors que le décret du 15 novembre 2006, instaurant une interdiction de fumer dans les lieux publics, est entré enac0efa88db059e0f15085dab23fc7488.jpg vigueur en ce début d’année 2008, de plus en plus de fumeurs s’érigent contre cette loi. Injuste à leurs yeux, elle limiterait leur plaisir, irait contre la liberté individuelle, et serait la preuve cinglante d'un autoritarisme d'état sur les individus. Rien que ça. Face à toutes ces accusations, il faut une prise de recul radicale. De quoi parle-t-on au juste? De la cigarette. Ni plus ni moins qu’un ramassis de poisons qui totalise - selon le Comité International de Recherche sur le Cancer - près de 4000 substances toxiques dont plus de 60 cancérigènes, c’est-à-dire potentiellement mortelles. Laissez d’ailleurs une cigarette sur le bord d’un cendrier et elle se consommera toute seule, preuve irréfutable de l’absurdité d’un produit au combien toxique et riche en goudron. On oublie trop souvent qu’une cigarette c’est du poison et rien que du poison. Il n’y a, dans sa composition, strictement rien de sain ou de positif pour celui qui l’inhale. La cigarette c’est tout simplement le poison au goût de la mort. On ne peut interdire de fumer car cela relève du choix individuel. Cependant, la liberté de fumer ne peut être totale. 

En fait les fumeurs ne peuvent être totalement libres de leur activité et cette loi est là pour leur rappeler la responsabilité qu’il portent. Quand quelqu’un fume, il ne le fait pas uniquement pour lui, mais il fait fumer les autres avec lui. La nuance est de taille. Cela porte le nom de tabagisme passif. Et le tabagisme passif ça tue. Une cigarette fumée c’est un courant principal inhalé par le fumeur et un courant secondaire tout aussi toxique qui est rejeté dans les poumons du non-fumeur situé à proximité. Là est tout le problème, fumer n’est pas un « plaisir solitaire » car il atteint ceux qui sont autour du fumeur et qui en font lourdement les frais. Etonnamment, cela ne suffit pas à certains pour les convaincre.

A tous ceux qui évoquent l’argument débile consistant à se poser en martyr disant « boire aussi ça tue pourtant on interdit pas de boire en public » la réponse est très simple. Certes l’alcool tue, mais il y a deux objections de taille. Premièrement l’alcool ce n’est pas du poison pur car s’il est bu avec modération il n’est pas, contrairement à la cigarette, entièrement nocif et présente même certains bienfaits thérapeutiques. Deuxièmement, un alcoolique qui se tue en enchaînant les verres ne fera aucun mal à ceux qui sont assis à coté de lui. L’alcool n’a pas d’influence directe sur la santé des autres qui ne boivent pas. Il n’y a pas d’alcoolisme passif. Ce contraste n’est pas moindre et éclaire bien la différence entre alcool et tabac. Pour les bd5c4c64107c11147d1d346e0d216a72.jpgautres qui argumentent en disant que « de toutes façons tu peux mourir en sortant dans la rue et en te faisant écraser par une voiture » il faut tout simplement mettre une limite à la stupidité. Oui c’est vrai on peut mourir en étant écrasé, mais premièrement le conducteur ira probablement en prison et deuxièmement un tel accident ne peut pas être évité à l’avance. Le tabagisme passif lui peut l’être. Si, grâce à sa raison, l’homme peut réduire les risques de mort par tabagisme passif simplement en sortant fumer dehors alors l’effort est loin d’être superflu. Quant à l’argument conservateur consistant à ériger la cigarette en élément « culturel » majeur qui met de l’ambiance dans les conversations des bars enfumés, il est tout aussi débile car la santé passe naturellement avant la culture. L’opium aussi était un élément culturel dans le passé, bizarrement il ne l’est plus aujourd’hui. Cela prouve qu’il n’y a rien de scandaleux à faire trépasser la « culture » que représenterait la cigarette pour laisser place à la santé. Entre la vie et la culture le choix est vite fait. 

Il est bien connu que la liberté des uns s'arrête là ou commence celle des autres. Il est indéniable que la liberté des non-fumeurs est violée par la fumée des fumeurs. Cette loi n’est donc pas une limite de la liberté des fumeurs, c’est au contraire une garantie de liberté pour les non-fumeurs qui doivent impérativement être protégés. Elle rééquilibre et inverse le rapport de la société avec la cigarette: ce sont désormais les fumeurs qui sortent et non l’inverse. Voila qui est plus juste. La cigarette tue les fumeurs et c’est leur problème - ce ne sont pas les mises en garde à leur égard qui manquent - mais ces derniers n’ont pas le droit de faire partager leur flirt avec la mort avec ceux qui préfèrent la santé. Ce flirt, ils iront désormais l’approfondir librement dehors. Rarement une loi n’avait été aussi nécessaire et juste. Son intérêt est indiscutable.

MSB

Commentaires

Réponse en commençant par le bas (je veux dire les derniers paragraphes).
J'aurais vu sans objection une pancarte non-fumeur dans une "boîte" ou un bar, sachant qu'au coin de rue suivant j'en trouverais un autre plus ouvert à mon "vice". Mais il faut reconnaître que ces établissements se sont empressés d'installer une terrasse (souvent chauffée, merci).
Remontons... la fin de paragraphe sur la culture (même si j'y mettrais simplement le nom habitude) me rappelle une citation de théâtre "Wenn ich Kultur höre... entsichere ich meinen Browning", mais passons... Honnêtement, si le chauffard qui m'a écrasé à mort passe en justice, ça me fait de belles jambes... (si, si, regardez!!!) Bon d'accord, je ne suis pas spécialement fier de ces deux arguments "ad personam".
En fait, d'après ce que vous dites, il faudrait être plus clair: interdiction totale du tabac (il faut bien protéger ces pauvres fumeurs ignorants dont j'imagine que le taux de mortalité est bien supérieur à celui des tabagiques passifs). Ce siècle est celui des apitoiements: le choc d'une aile de papillon est matière à légiférer sur tout.
Pour ma part, je suis un vilain petit canard: il me suffit que quelqu'un me dise que la fumée le gêne pour que j'éteigne ma cigarette ou m'éloigne; nul besoin de loi.
Et si j'ai envie de me faire un joint, quelle est la loi qui m'en empêchera? (ceci n'est qu'un exemple parmi mes nombreuses "turpitudes")
Il serait temps quand même de mettre des limites au droit d'interdire.

Ecrit par : Jacques TRONEL | jeudi, 31 janvier 2008

Ton argumentaire aurait du éviter d'opposer la cigarette à l'alcool. Le fait de sortir "pompette" et écraser un passant a bien plus de chances de tuer qu'une cigarette qu'on fume à son nez.
Ni l'un ni l'autre ne tient vraiment. Ceci dit, tenir des discours d'un tel ton n'est pas le plus à même de trouver une solution aux "oppresseurs" et aux "opprimés" !

Ecrit par : Anass | mercredi, 04 juin 2008

Je précise tout d'abord que je suis non fumeur !

Et pourtant toute cette lutte contre le tabac est à pleurer de rire ! Face au scandale de l'amiante et les 200 000 morts à venir ! Face aux dangers de la téléphonie mobile et au prochain Tchernobyl à venir avec les multitudes de cancers du cerveau ou des glandes parotides ! Face au scandale des pyralènes qui à infime dose provoquent des cancers dans le 15 ans à venir !
Face au scandale des graisses FAT hyperdangeureuses pour notre organisme (ils sont interdits aux USA )et pourtant la sécurité alimentaire ne dit rien ! Egalement les taux de sel dans les plats cuisinés !
Je rajouterai les OGM et j'en passe ...............
ALORS AU FINAL JE PREFERERAI VIVRE DANS UN MONDE SANS CES POLLUTIONS quitte à laisser les fumeurs avec leur petit péché bien attendrissant par rapport à toiut ce que je respire chaque jour !!

Ecrit par : Bernard | mercredi, 16 juillet 2008

Je précise tout d'abord que je suis non fumeur !

Et pourtant toute cette lutte contre le tabac est à pleurer de rire ! Face au scandale de l'amiante et les 200 000 morts à venir ! Face aux dangers de la téléphonie mobile et au prochain Tchernobyl à venir avec les multitudes de cancers du cerveau ou des glandes parotides ! Face au scandale des pyralènes qui à infime dose provoquent des cancers dans le 15 ans à venir !
Face au scandale des graisses FAT hyperdangeureuses pour notre organisme (ils sont interdits aux USA )et pourtant la sécurité alimentaire ne dit rien ! Egalement les taux de sel dans les plats cuisinés !
Je rajouterai les OGM et j'en passe ...............
ALORS AU FINAL JE PREFERERAI VIVRE DANS UN MONDE SANS CES POLLUTIONS quitte à laisser les fumeurs avec leur petit péché bien attendrissant par rapport à toiut ce que je respire chaque jour !!

Ecrit par : bluewaave | mercredi, 16 juillet 2008

Il me semble assez clair que l'argumentation proposée dans l'article est absolument sans faille. Si je suis les commentaires vous n'êtes pas d'accord parce que :

- Il y a d'autres choses qui peuvent tuer autant et pour lesquelles il y a moins de psychose législative et liberticide (alcool, joints, amiante, téléphone mobile et autre). C’est un argument doublement stupide. D’abord, ce n’est pas parce que l’on fait rien pour d’autres choses dangereuses qu’il ne faut rien faire pour la cigarette. Ensuite, la particularité de la cigarette est le fait que des individus n’en consommant pas directement en sont victimes ; or il est possible d’agir contre ce fait, en légiférant. Sur l’alcool, je suis parfaitement d’accord qu’il peut tuer de manière indirecte et que, consommé à outrance, il est en train de devenir un fléau : d’où l’importance de la campagne et des mesures actuelles du gouvernement. Enfin, contrairement à d’autres produits (OGMs, médicaments…), la nocivité de la cigarette est facilement identifiable.

- On légiférerait sur n’importe quoi, pour un rien. L’article montre bien qu’il ne s’agit pas de n’importe quoi, mais de milliers de morts (au même titre que la sécurité routière, où la lutte pour la vie justifie absolument l’augmentation des contrôles). Là où il y a beaucoup de morts ou des malades, dont des personnes qui ne sont pas responsables, il faut légiférer. L’argument consistant à affirmer qu’on prônerait l’interdiction totale de la cigarette est là aussi d’une totale mauvaise foi.

- Les fumeurs seraient capables de s'autoréguler (c’est-à-dire capables de s’arrêter si un non-fumeur leur demande, ou grâce à une campagne d’information sur les dangers du tabagisme passif), mais c’est un argument qui n’est pas valable. C’est peut-être envisageable dans un monde d’êtres éduqués et courtois mais n’en demandons pas trop. On sait de plus à quel point le poids de l’habitude collective, du rapport de force à l’avantage jusqu’ici des fumeurs tend à faire penser aux fumeurs qu’ils sont en droit, et inhibe les non-fumeurs à faire valoir leur droit.

Voilà pourquoi il faut légiférer. Au fond ce qui déplaît fondamentalement à certains fumeurs ou aux tenants d’un libertarisme de la cigarette, c’est que le rapport de force s’inverse. Que l’on considère qu’il faut protéger les non-fumeurs. Que l’on considère qu’il faut préserver la santé au détriment d’une prétendue habitude, et disons-le, culture. Que l’on commence à reconnaître, tout simplement, que ne pas fumer est meilleur que fumer. Oui à la liberté des fumeurs, mais oui (surtout) à la liberté des non-fumeurs.

Ecrit par : Hadrien | lundi, 28 juillet 2008

A propos de ton commentaire sur Mille babords au sujet de Diane Combes enseignante désobéissante, qui alerte l'opinion publique en boycottant le soutien... et s'expose en conscience à des sanctions disciplinaires et financières...
Je trouve ton commentaire très limité... voire peu réfléchi...

Quand on écrit de si beaux articles (pertinents, qui révèlent une documentation importante et sérieuse...), il me semble primordial de s'informer avant de faire un commentaire sur un sujet que l'on ne maîtrise pas, jeune homme!
A moins que cet étalage , heu article ne soit pas de toi???

Ecrit par : Anne | mercredi, 24 décembre 2008

Honnetement je ne me rappelle plus du commentaire que j'avais laissé, mais j'ai mon idée sur la "désobéissance pédagogique" que pratique, entre autres, Diane Combes. Je trouve ca très grave surtout lorsqu'il s'agit d'une enseignante. Je prévois d'écrire un article sur ce phénomène qui devient malheureusement trop à la mode et qui remet en cause notre contrat social. Revenez d'ici quelques temps pour le lire et ce sera avec plaisir que nous pourrons en discuter!

Ecrit par : pete | mercredi, 24 décembre 2008

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