mercredi, 13 juin 2007
Mission opposition
Au lendemain du premier tour des élections législatives 2007, l’ensemble de la gauche s’est immédiatement fait le relais de l’argument qui consiste à dire que voter pour le PS au second tour c’est se battre pour la démocratie. A les écouter, un parlement avec une trop grande majorité de droite irait donc à l’encontre de la démocratie. Dire cela est totalement faux et surtout honteux. Ce n’est d’ailleurs pas ce qu’ils disaient quand en 1981 le parlement a vu une vague rouge s’abattre sur lui. Ce n’est pas non plus ce qu’il disaient en 2005 lorsque vingt des vingt-deux régions françaises passaient à gauche. Et ils avaient raison de ne pas le faire vu que c’est le peuple français qui a décidé démocratiquement ces résultats. Cela vaut aussi pour ces législatives, mais dès lors que les rôles sont inversés, cela devient dangereux pour la démocratie aux yeux du PS. Ce genre de logique mène tout droit à dire que ceux qui votent à droite lors de cette élection votent contre la démocratie. Autrement dit, si vous n'êtes pas à gauche avec nous alors vous êtes avec eux contre la démocratie. Ce sont en fait de telles tentatives de culpabilisation des électeurs qui vont à l’encontre de la démocratie, de la liberté d’opinion et surtout de la tolérance. Ce n’est pas parce que les idées d’en face gagnent en masse qu’elles deviennent par là-même antidémocratiques!
Ce que le PS réclame en vérité de manière très maladroite et polémique, c’est l’indispensable présence de contre-pouvoir face à une majorité écrasante au parlement. Bien sûr qu’il en faut. Mais à l’inverse de ce qu’ils demandent, ce n’est pas aux français de garantir ce contre-pouvoir par leur vote. C’est le PS lui-même qui doit le garantir aux français au travers de son attitude. Car le contre-pouvoir qu'est l'opposition se mesure moins en nombre de voix qu’en attitude. Il y en effet opposition et opposition. Opposition aveugle et frontale et opposition constructive et argumentée. La première n’est que figuration, la seconde remplit dignement son rôle. C’est donc d’abord à la gauche, et non aux français, de faire des efforts afin de voir une vraie opposition digne de ce nom se dessiner au parlement. Le PS ne doit pas continuer son attitude, devenue habituelle ces dernières années, d’opposition frontale, attitude vide et bornée qui a d’ailleurs déplu aux français et qui le lui ont bien montré lors des élections.
Il faut donc désormais une opposition qui fasse passer l'exigence de vérité et de responsabilité
avant l'intérêt partisan qui critique automatiquement tout ce qui vient d'en face. A ce sujet, Pierre Rosanvallon, dans La Contre-Démocratie dit à juste titre: “L’opposition ne peut jouer efficacement son rôle que si elle ne se contente pas de dénoncer pleinement et aveuglement l’action du gouvernement en exercice, mais si le caractère argumenté de sa critique lui permet d’exercer un véritable contre-pouvoir en contraignant fortement la majorité. Cela l’oblige elle-même en retour: elle doit à sont tour convaincre qu’elle a raison contre le gouvernement et qu’elle sera capable de mieux diriger le pays”. Tant que le PS ne remplira pas ces exigences, alors effectivement il n’y aura pas d’opposition digne de ce nom au parlement. Ainsi, plutôt que de crier à la disparition de la démocratie, le PS devrait s’efforcer de correspondre à la stature de ce genre d’opposition plutôt que de faire culpabiliser les français face aux urnes. Et cela passe par une refondation indispensable (voir article La Rose perdue).
Mais il y a d’autre possibilités pour mettre en place un contre-pouvoir en France. La proposition de l’UMP de donner la présidence de la commission des finances de l'Assemblée Nationale à une personne issue de l’opposition est un pas important dans ce sens, proposition que la gauche s’est d’ailleurs bien gardée de faire lorsqu’elle était à son tour dans la majorité. D'autres moyens plus radicaux permettant d'augmenter l'efficacité d'un contre-pouvoir sont envisageables. L’exemple de la Grande Bretagne est très instructif. Le shadow cabinet est un gouvernement-miroir virtuel formé au parlement par l’opposition face au gouvernement investit. Le véritable ministre doit consulter son homologue virtuel de l’opposition régulièrement. Si le ministre n’est engagé à rien à l’issue de ces rencontres, la simple discussion entre les deux permet d’ouvrir le champs des idées, de débloquer le dialogue, et d’obliger l’opposition à la cohérence et à la responsabilité. Ces “rôles partagés” entre opposition et majorité ont été institués dès 1923 en Angleterre en plus des journées de l’opposition -qui détermine ce jour-là les thèmes de la discussion parlementaire-, les présidences de commission -ce que Sarkozy commence à mettre en place-, et l'accès pour l’opposition à des documents classifiés.
Toutes ces propositions empêchent d’un coté la fermeture stérile de l’opposition sur elle-même en l’obligeant à exercer une critique responsable et réfléchie, et de l’autre la majorité à l'écoute et à la prise en compte d'idées divergentes. Le parlement devient dès lors un vrai lieu d'échange et de débat au sein de la vie politique. “S’opposer n’est autre que proposer, une opposition sans proposition n’est qu’un mouvement d’humeur” disait l'écrivain Robert Sabatier. Plus qu’un
changement au sein des institutions, c’est d’abord le PS qui devra laisser ses humeurs diverses et variées de coté et commencer à faire des propositions réalistes pour avoir un vrai débat politique avec une opposition qui incarne un réel contre-pouvoir. Non pas pour sauvegarder la démocratie puisqu'elle n'est en danger, mais pour instaurer un débat politique sain qui manque cruellement aujourd'hui.
MSB
13:05 Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : Rosanvallon, Opposition, Sarkozy, Sabatier, PS


Commentaires
L'argument avancé par la gauche est celui d' un Parlement godillot. Je reste persuadé qu' une trés large majorité permettra à toutes les nuances ou tendances de celle-ci de s' exprimer, beaucoup plus que si elle est restreinte.
D' autre part, qu' à fait de constructif la gauche à l' Assemblée ces cinq dernières années ? Qu' a-t-elle apporté de constructif ? Rien. Leur argument de diversité est nul et non avenu.
Ecrit par : Erick | jeudi, 14 juin 2007
Pas d'accord
Ecrit par : arnaus | jeudi, 14 juin 2007
dans ma boule de cristel, je vois se pointer ne nez de DSK....
Ecrit par : ginette | vendredi, 15 juin 2007
Comparer la chambre des députés aux régions n'est pas trés serieux !
les régions françaises sont un leurre avec des budget faibles et le parlement un simple lieu d'enregistrement des volontés de l'executif .
La France est une démocratie atypique .
Pletrhore d'élus en parralléle de l'empilement administratif record et concentration record des pouvoirs autour d'un éxécutif Bonapartistes !
Résultat le pays decroche dans tout les domaines, croissance, chomage, dette, balance commerce exterieur, production industrielle, recherche ...
Le bon sens affirme, il ne faut pas mettre tout ses oeufs dans le même panier !
A quand un pays vraiment décentralisé et non une illusion de puissance avec une chambre monocolore (quelque soit la couleur d'ailleurs).
Halte à la langue de bois Bonapartiste .
Ecrit par : sim | vendredi, 15 juin 2007
Je pense au contraire qu'il ne faut rien toucher a la centralisation de la France, qui n'est d'ailleurs pas aussi absurde et poussee que tu le dis. Tu as a tendance a tout mettre dans le meme sac (je ne parle pas que des oeufs).
Crois-tu vraiment que si la France prend du retard c'est a cause de ses institutions? Je ne le pense pas, c'est d'abord les politiques menees et les reformes retardees qui sont les coupables, pas les institutions.
Quand tu fais un gateau et que a repetition le resultat n'est pas celui attendu, tu vas revoir la recette, tu vas pas renover toute ta cuisine!
C'est pareil pour la France, si le resultat attendu n'est pas au rendez-vous ce sont les politiques qu'il faut changer, avec des reformes, et non les institutions. Il est completement illusoire de croire le contraire.
Changer les institutions au pretexte que la France irait mieux est un leurre, changer les politiques menees depuis des decennies pour remedier a ce probleme est la solution. Ceux qui fustigent les institutions ont perdu la foi dans la capacite de la politique a faire bouger les choses.
Si apres ces changements et reformes le probleme persiste, ce dont je doute fortement, alors peut-etre peut-on envisager de toucher aux institutions mais c'est vraiment le dernier recours, apres avoir tout essayer, et dans un lointain futur...
Ecrit par : Maxime | vendredi, 15 juin 2007
Vous croyez franchement !
Depuis 1969 et l'échec de la regionalisation tout a été essayé en France.
A chaque election les politiques encadrés par les meilleurs spécialistes promettent cette fois ci l'on vas réussir .
Effectivement tout n'est pas échec en France, mais les handicaps sont tels que la réussite est atténuée ...
Le monde de gouvernance français ne permet qu'un type d'expérience politique qui s'impose à 60 millions d'habitants.
Resultat de nombreux territoires décrochent de l'ensemble !
Le pays de l'égalité est le plus inégalitaire dans ses territoires et ses classes sociales ...
Vérifiez le PIB par habitant pour tout les territoires vous serez surpris des decalages ...
La France est plombée par ses maillons faibles !
Seule la décentralisation peut permettre une adéquation de gestions politique suivant les territoires, les populations et garantir alors une réelle égalité républicaine ...
Le Bonapartisme est un aveuglement destructeur qui n'existe qu'en France ou dans les pays totalitaires ...
Les pays de l'UE sont décentralisés même le royaume uni dispose d'un parlement en Ecosse, au Pays de Galle ...
Vous croyez que les mesures néo liberales suffiront à sortir le pays de l'orniere ?
Erreur les institutions sont antiliberales et ne permettent pas l'épanouissement du pays.
Un pays n'est pas une entreprise, il ne suffit pas de calquer un modele pour que cela reussisse, il faut que le fond soit en adéquation ...
Ecrit par : SIM | vendredi, 15 juin 2007
Je ne pense pas qu'en donnant plus d'autonomie aux regions elles iraient mieux pour autant et que la France serait mieux gouvernee. Je pense que cette exception francaise, ce que tu appelle le bonapartisme (j'opterai plus pour la centralisation, ne melangeons pas tout), a un enorme avantage: elle permet d'appliquer partout et rapidement des decisions politiques d'envergure et macroeconomiques. Elle permet de garder une vision globale et une prise de recul necessaire au politique.
Trop de decentralisation mene au "chacun pour soi" et a une gestion minimaliste et trop concentree sur la petite echelle ce qui nuirait rapidement a l'ensemble de la France. Je pense qu'il faut a la fois une vision politique globale et macroeconomique, d'ou l'avantage de la centralisation a la francaise, mais aussi effectivement un peu de liberte pour s'adapter a la particularite d'une certaine zone, ce qui est le cas en France avec les departements et regions. Il n'en faut pas plus.
En faisant disparaitre la centralisation la France perderait de sa vigueur et de son unite puisqu'elle ne serait plus qu'une federation de regions sans vision commune et seulement concentrees sur leurs petits problemes particuliers sans se soucier du voisin. L'egoisme regional remplacerait la solidarite nationale. Egalite republicaine? Tu parles!Contrairement a la France, les autres pays que tu cites ont une tradition federale tres ancienne qui leur impose une plus grande decentralisation. Vont-ils pour autant mieux que la France? Non.
Ecrit par : Maxime | vendredi, 15 juin 2007
Vous caricaturez la décentralisation .
Il ne s'agit pas d'éclater le pays .
La centralisation concerne effectivement la nation, mais si l'état se mêle de tout ou de tout ce qu'ils estime comme majeur le système ne peut se considérer comme libéral et donc émerger dans un monde libéralisé .
D'où les handicaps de la France actuellement .
Le général de Gaulle l'avait bien compris et le proposait dés 1969 par référendum aux Français .
Hélas il faudra attendre les lois Deferre puis Raffarin pour avancer vers une décentralisation labyrinthique ...
Le Sénat pourrait être l'assemblée qui justement réalise la convergence, la péréquation d'une France décentralisée régionalisée .
Vous semblez très fermé sur le sujet .
Beaucoup se réclament du Gaullisme mais ne sont en réalité que des Bonapartistes aveuglés par l'illusion du privilège de pouvoir pour un clan restreint qui de plus en tire des privilèges financiers considérables pour un petit nombre .
Il vas de soit que l'intérêt général est aussi un leurre dans cette situation .
De Gaulle a été lui même victime des affairistes douteux qui veulent surtout que rien ne change tant ce type de régime leur est favorable.
D'où la dramatisation excessive à chaque élection majeure .
En cinquante ans la Veme n'aura connu qu'une alternance présidentielles avec Mitterand qui utilisa obligatoirement les mêmes combines que ses adversaires pour arriver au pouvoir et s'y maintenir .
Il n'y a pas de quoi être glorieux de ces institutions là.
Le Bonapartisme est dangereux, l'histoire nous apprends qu'il conduit à la Berezina . Evitons cette épreuve au pays .
Ecrit par : SIM | vendredi, 15 juin 2007
Bon, en gros ce que tu dis c'est que ce sont les mechants capitalistes liberalistes affairistes bonapartistes qui sont responsables de tout et qui font tout pour garder ce systeme injuste. Vision exageree, fausse et caricaturale au possible.
Si en 1969 le referendum a echoue c'est tout simplement parce que les francais ont dit non. C'est aussi simple que ca, pas besoin d'aller chercher plus loin. Et si aujourd'hui le debat de la centralisation est oublie par l'ensemble du clivage politique (bizarre non?) ce n'est pas parce que "un petit clan restreint" empeche tout mais plutot parce que encore une fois s'attaquer a la centralisation c'est le dernier faux recours face aux problemes de la France et les partis politiques le savent.
Ce dont nous avons besoin pour que ca aille mieux ce sont des veritables reformes economiques et sociales, pas de la decentralisation qui encore une fois peut meme faire empirer les choses.
D'ailleurs quand tu parles du referendum de 1969 je crois que tu es un peu trop enthousiaste. Ce que De Gaulle proposait ce n'etait pas grand chose finalement: la decision la plus decentraliste etait simplement d'introduire des représentants des organisations professionnelles et syndicales au sein des conseils régionaux. C'est rien. Alors tu vois bien que lui non plus ne portait pas la grande decentralisation que tu prone dans son coeur. Raffarin en a plus fait que lui en la matiere!
Ecrit par : Maxime | samedi, 16 juin 2007
1969 était une amorce.
De Gaulle était un homme très flexible, il voulait d'abord amorcer ensuite l'histoire faisait le reste .
Le referendum de 1969 c'est le sujet de DEA du Président Sarkozy !
Vous êtes de très mauvaise foi dans votre analyse .
Le cas d'Airbus et EADS est typique des conséquences du Bonapartisme, du pouvoir concentré en haut de l'état et de ses dérives considérables .
Le combat de succession Camus Forgeard avec chacun ses partisans en haut de la pyramide de l'état, de la sphère politique a déstabilisé une entreprise phare .
Le sujet était tellement violent que les actionnaires principaux et dirigeants oubliaient de veiller au feu du suivi de l'A380 ?
Résultat des cachotteries anodines devant des erreurs à la base de production qui auraient pu être corrigé si les dirigeants avaient été sereins, s'est transformé en catastrophe industrielle .
L'A380 se vendra mais sa rentabilité ne se fera qu'à long terme (15-20ans)...
Les allemands effarouchés par tant d'inconséquence se réfugient dans une posture nationaliste ...
Voila un exemple des dégâts du Bonapartisme .
Autre exemple les Golden parachutes atypiques des grands groupes français victimes de connivence grands corps de l'état et conseils d'administration ... Balladur a voulu légiférer par amendement pour mettre de l'ordre dans cette pétaudière morale, il a été éconduit .
Oui le sommet de la pyramide résiste a toute remise en cause de ses pré-carrés .
Les réformiste sont contraints à la prudence pour ne pas être écartés . D'où des mesures timorées .
Le principe de subsidiarité est le fondement même d’une société humaniste .
La France décentralisée ne sera qu'une conquête de plus du peuple souverain ...
Ecrit par : SIM | samedi, 16 juin 2007
Oula mais tu devies completement de la decentralisation la! Ce dont tu parles a present s'appelle non pas le bonapartisme (decidemment tu vraiment tout mettre aveuglement dans le meme sac) mais le colbertisme. Nuance.
Effectivement le cas de Forgeard et Airbus/EADS est condamnable, mais cela n'a rien a voir avec la decentralisation! Les golden parachutes non plus! Et puis d'ailleurs avec la decentralisation que tu prones, EADS n'aurait jamais vu le jour faute d'unanimite des regions qui voudraient toutes en tirer leur part, et des succes comme Alstom (voila un bon exemple de succes du colbertisme, le sauvetage d'Alstom ce n'est pas rien) n'auraient jamais eut lieu par manque d'une voix centrale qi prend des decision rapides.
Mais ce qui est vraiment choquant c'est que tu melanges vraiment tout: la centralisation, le colbertisme, le gaullisme, le bonapartisme, la sphere financiere, la sphere politique. Ca manque de precision, c'est historiquement injuste et on s'y perd completement!
Ecrit par : Maxime | samedi, 16 juin 2007
Excellente réaction :
« Mais ce qui est vraiment choquant c'est que tu mélanges vraiment tout: la centralisation, le colbertisme, le gaullisme, le bonapartisme, la sphère financière, la sphère politique. Ca manque de précision, c'est historiquement injuste et on s'y perd complètement!" »
C’est justement cela la dérive institutionnelle de la Veme République .
Une concentration record de pouvoirs de l’exécutif qui mêle des compétences en tout sens sans aucun pouvoir de contrôle ou de proposition du parlement ou même des régions …
Résultat quand l’exécutif « pête les plombs » l’absence de contre pouvoir institutionnels efficaces déclenche une réaction de la rue, blocage du pays et des réformes typique de la société française …
Contrairement à ce que vous croyez le blocage de réforme du pays est d’abord institutionnel .
Votre inquiétude de l’affaiblissement de l’exécutif est non fondée .
Historiquement les constitutions des Républiques Françaises sont nées de blocages majeurs ou de crises profondes .
1er République du blocage des réactionnaires empêchant le passage à une monarchie parlementaire …
3eme République de la défaite de Sedan
4eme régime parlementaire excessif qui s’explique par méfiance de la notion de l’homme providentiel dont le régime de Pétain présenté en 1940 comme sauveur de la patrie fut l’exemple le plus caricatural .
5eme née de la crise de la décolonisation . L’instabilité gouvernementale causé par les rivalités entre conservateurs des colonies et décolonisateurs ne permettait pas de résoudre justement les guerres de décolonisation qui ont empoisonné la 4eme et conduit le pays au bords du gouffre . Un exécutif tout puissant Bonapartiste était alors indispensable pour sortir de la crise et remettre l’armée dans les rangs !
Dans une société libérale « externaliser » est une méthode pour résoudre des crises, réformer ce qui est devenu ingérable, déficitaire …
Une VI République décentralisée serait un régime où l’état « externaliserait » au régions un grand nombre de compétences pour se recentrer efficacement sur ses fonctions régaliennes . L’équilibre entre Parlement et exécutif du régime présidentiel qui se profile avec le mandat actuel serait également un objectif à atteindre pour éviter les dérives dont l’on débat .
Il s'agit simplement de clarifier les compétences entre les différents niveaux territoriaux afin d’optimiser la gestion du pays .
Exemple un seul organisme régional pour gérer les bâtiments de collèges, Lycée, Universités …
Autre exemple un seul organisme régional pour gérer routes Départementales, Régionales, Nationales …
Ecrit par : SIM | dimanche, 17 juin 2007
Mais ce qui est vraiment choquant c'est que tu mélanges vraiment tout: la centralisation, le colbertisme, le gaullisme, le bonapartisme, la sphère financière, la sphère politique. Ca manque de précision, c'est historiquement injuste et on s'y perd complètement!" »
vu ta reponse, je suis entierement d'accord avec maxime. Tu melanges tout.
Pour un petit rappel historique:
La fin de la premiere republique c'est Napoleon Bonaparte qui l'a achevé, avec le coup d'etat des 500 a son retour d'Egypte. La republique devient un consulat puis bien evidemment un empire.
La deuxieme republique sera achévée par Louis Napoleon Bonaparte alors president de la republique francaise, qui se proclame Empereur des Francais. C'est le deuxieme empire qui prendra fin lors de la bataille de sedan en 1870.
La troisieme republique sera supprimé par petain en 1940 lorsque le parlement lui vote les pleins pouvoirs.
La quatrieme republique est morte a cause de son inconstance, en effet les gouvernement ne dure meme pas 6 mois...La france devient incontrolable.
La 5 eme republique est né avec le retour de De Gaulle qui remet a plat la constitution. Et je pense que pour le moment cela marche.
Quoiqu'il en soit tu melanges tout, la decolonisation, les Empires francais, les republique, le putsh des generaux etc etc. Conseil revoit tes manuels d'histoire un peu.
En tout cas, ton opinion et ce que tu proposes est qu'on mette juste des pomades. Pour reprendre l'exemple de maxime. Demenager de maison mais garder la meme mauvaise recette de cuisine n'y changera rien. Ca fait des années que des reformes doivent etre passées, on a des années de retard. Ca ne va pas etre le PS qui va les faire, vu que eux ils sont toujours 30 ans en arriere et qui prome la demagogie et l'assistanat par excellence. Il serait peut etre enfin temps de realiser que finalement on se trompe de methode et qu'on devrait reagir et vite avant que se soit nos enfants qui en trinquent.
Ecrit par : adrien | lundi, 18 juin 2007
Soit mais quel est cette recette miracle que vous défendez avec passion .
Vous semblez confondre les postures électorales des partis politiques pour gagner les scrutins et ensuite la réalité, les difficultés pour gérer .
Une posture néolibérale présente Mme Thatcher comme une réformatrice inflexible ...
En France les premiers ministres Barre et Mauroy ont réalisé le même travail de rénovation économique restructuration record de la sidérurgie et des charbonnages goinfres de subventions publiques, réduction drastique de l'inflation réussie sous le gouvernement Fabius ...
Il ne faut pas se laisser aveugler par le parti pris partisan idéologique .
Le problème de la France se sont les territoires délaissés au PIB faible, lorsque tout le pays sera au niveau de l'Ile de France, de Rhône Alpe ou de l'Alsace la France sera une puissance économique de même niveau que l'Allemagne .
Le problème de la France c’est la faiblesse de densité sur le territoire de PME de haut niveau technologique capable d’exporter …
Vous pouvez réduire indéfiniment les charges sur les coûts de production cela n’apporte aucune solutions au besoin de créativité, à la naissance de PME performantes dans la France profonde .
Il faut une véritable émancipation territoriale pour amorcer le changement …
Voir les nombreux exemples des régions européennes qui réussissent …
Ecrit par : SIM | lundi, 18 juin 2007
Tu prends l'exemple de l'Allemagne, republique federale divisee en Lander. Sais-tu que en Allemagne, les regions du Nord-Est, c'est a dire le Brandenbourg, et la Mecklembourg-Pomeranie occidentale repprochent justement a l'Etat central allemand de les laisser tomber en se cachant derriere les parlements locaux?
Voila clairement un exemple negatif de decentralisation: a force de vouloir laisser trop d'autonomie aux regions, l'Etat se deresponsabilise en periode de crise. Pour le sud de l'Allemagne (je pense surtout a l'Etat libre de Baviere) cela marche bien mais ca tient plus a la mentalite locale qu'a la decentralisation, mais pour les regions en crise on voit bien que ca pose des problemes de gouvernance, de moyens, de decisions rapides au niveau du pays. Ca ne marche pas aussi bien que tu le presente. C'est un fait.
On peut tres bien gouverner un pays de maniere centraliseetout en reconnaissant les differences entre les regions. C'est ce qui se passe en France et il n'en faut pas plus. Va demander aux allemands de l'Est si ils veulent encore plus d'autonomie et en voyant leur taux de chomage tu comprendras pourquoi il riront. Quand une region va mal economiquement ce n'est pas toute seule mais avec l'aide des autres qu'elle va se redresser, ca s'appelle la solidarite nationale et ca marche avec un etat centralise. D'ailleurs sans l'aide des autres regions, imposee par l'etat central allemand, ces deux regions evoquees seraient encore plus mal.
Encore une fois la solution ce sont les reformes et pas les institutions.
Ecrit par : Maxime | lundi, 18 juin 2007
Parler des landers de l'Allemagne de l'Est comme exemple est anecdotique .
D'autre part les observateurs les plus pointus admettent que l'Allemagne souffre maintenant de trop de fédéralisme et la France de pas du tout .
La France dispose de Départements hérités du XVIIIeme siècle exclusivement rural .
Les régions Françaises n'existent pas au sens où leur budget est ridicule à comparer à celui des départements qui les constituent .
L'émiettement du découpage territorial conduit à un espèce de féodalisme de représentation inadapté à la compétition des régions en Europe …
L’empilement de structure territoriales conduit également à un gonflement des administrations centrales de gestion du pays .
La décentralisation et l ‘émancipation de régions influentes dans le cadre européen participent donc de la reforme de l’état déjà entreprise et qu’il faut accélérer .
La Veme République s’est révélée très souple jusqu’à présent l’on pourrait qualifier de nouvelles réformes importantes de Veme ter (la bis étant l’élection du président au suffrage universel) .
Toutefois vos propos marquent bien le conservatisme des Bonapartistes qui semblent vouloir figer le régime comme étant abusivement leur chose .
Il vaut mieux donc travailler pour définir une VIeme République qui reprendrait les expériences de la Veme en corrigeant ses défauts majeurs .
2 candidats à la présidentielle qui ont obtenus respectivement 25,87% et 18,57% au premier tour se réclamaient du passage à la VIeme République.
Il semble évident qu’a la prochaine alternance celle ci se réalisera .
A moins que les Néo Gaulliste la réalise avant …
De Gaulle a été le dernier président du conseil de la IVeme avant de devenir le premier président de la Veme .
La constitution de la Veme étant une tractation, un compromis entre les vues des Gaullistes et celles de Guy Mollet et de son entourage SFIO, le point de vue des radicaux étant en retrait dans la synthèse finale, il est donc absurde de défendre la Veme comme une réalisation purement Gaulliste …
Ecrit par : SIM | lundi, 18 juin 2007
Tu melanges vraiment tout!!!Ca y est maintenant il est question de neo-gaullisme...
Ca devient inquietant cette vision politique purement institutionnelle!Il n'y a pas que ca! C'est secondaire! Les idees comptent et elles ont le pouvoir de faire changer les choses. Effectivement c'est plus facile de dire ah il faut tout changer de fond en comble et ca ira mieux, c'est facile mais c'est lache. Le courage consiste a faire l'inverse: agir par des moyens jamais utilisés auparavant avec des nouvelles idées. C'est plus dur, plus long, plus demandant intellectuellement mais ca evite de tout chambouler.
De plus quand tu dis "toutefois vos propos marquent bien le conservatisme des Bonapartistes qui semblent vouloir figer le régime comme étant abusivement leur chose" il faut que tu arretes de delirer: moi je ne suis pas du tout au pouvoir donc ton argument est completement nul, et arrete de faire passer nos idées pour des delires dictatoriaux egoistes afin de les discrediter, un peu de respect quand meme!
On ne fait qu'aligner les arguments en ta defaveur depuis le debut, a l'image de celui de l'Allemagne tu n'y reponds pas et tu continues a repeter les memes choses en melangeant tout et surtout en reecrivant l'Histoire a ta maniere.
Heureusement que nos politiciens de droite comme de gauche privilegient l'action politique pure a l'illusoire bricolage institutionnel que tu proposes.
Ecrit par : Maxime | lundi, 18 juin 2007
Vous êtes jeune, l'espoir sur les idées politiques est réel à chaque changement de générations ...
Mes arguments étaient simplement pour vous faire entrevoir que la France a souvent utilisé le levier institutionnel pour sortir de crises .
De Gaulle en fut le spécialiste .
En 1958 pour sortir de la crise de la décolonisation ...
En 1962 pour sortir de la crise de la guerre civile larvée (attentat du Petit Clamart) reforme du mode de scrutin présidentiel instituant un véritable esprit de nouvelle 5eme République .
En 1969 pour sortir des conséquences du bouleversement de Mai 1968 et de la Chambre des godillots Bleu horizon ...
L'amorce de régionalisation de 1969 a échouée ...
Vous n'avez pas la mobilité des vrais Gaullistes soit ...
La politique ce n'est pas seulement des idées de management, il faut aussi avoir le cadre les structures appropriés de gestion les plus pertinents qui vont avec ...
Je pense que nous divergerons sur ce point .
Je clôture donc cet échange .
Ecrit par : SIM | lundi, 18 juin 2007
Je ne pense pas que jeunesse rime obligatoirement avec ignorance, mais peut-etre que notre desaccord viens effectivement de cette difference d'experience.
Pour terminer, le gaullisme n'est pas une ideologie figée avec des regles automatiques crises/changement d'institution mais plutot justement une reflexion continue et diversifiée qui s'adapte au contexte de l'époque pour mener la France au plus haut niveau. Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas de changement d'institution mais que c'etait le dernier ressort apres avoir tout essayé. Nuance.
Merci pour cette discussion enrichissante, ce site est la pour ca. Cet echange est clos.
Ecrit par : Maxime | lundi, 18 juin 2007
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